Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 20:36
un dernier exemple....

Texte de Suzanne :

Alors que j’attendais le bus vert n°27 sur le trottoir défoncé, une Clio rouge stoppa brutalement à mon niveau :  « Mademoiselle, vous n’auriez pas du feu, s’il vous plaît ?

-Du feu ? du feu brûlant, ardent, rougeoyant ?

-Quelle grande artiste vous êtes ! je suis heureux d’être tombé sur une aussi ravissante personne ! J’en suis tout ébloui.

-Vous ne devriez pas, je ne suis qu’une sarcastique jeune fille qui en a marre de se faire draguer.

-Allons ne soyez pas si ironique et désabusée prêtez-moi votre briquet.

-Comment ? fumer à votre âge ? et le voile noir sur les poumons, vous ignorez ?

-Oui, je suis ignorant, mais si vous acceptiez de monter dans mon carrosse fougueux ? »

Ce disant, il ouvre la portière et voilà qu’à mon corps défendant, je me retrouve à ses côtés. Tandis que je vois dans le rétroviseur le bus n° 27 arriver, la Clio saute sur le trottoir et la voilà qui défonce la vitrine éclairée de la pharmacie. Dans un bruit éclatant, les morceaux de verre explosent, je ne vois que la blouse blanche du pharmacien ahuri et la grande affiche réclame :Fumer Tue.

Un énorme pansement entoure mon front, les sirènes hurlantes de l’ambulance s’éloignent emportant mon malheureux conducteur vers le grand hôpital.

 

Texte modifié par René qui doit écrire le contraire :

Alors que je n’attendais pas le bus rouge n° 72 sur le trottoir refait, une Clio bleue ralentit à mon niveau : « Mademoiselle, je vois que vous avez du feu s’il vous plaît.

-Du feu ? du feu qui s’éteint, sans chaleur, humide.

-Quelle petite artiste vous êtes, j’ai la malchance d’être tombé sur une aussi laide personne. J’en suis tout consterné.

-Vous devriez être flatté. Je suis une gentille jeune fille qui aime se faire draguer.

-Allons soyez un peu plus ironique et abusée, ne me donnez pas votre briquet.

-Comment, ne pas fumer à votre âge ? le voile noir sur les poumons n’est pas nocif !

-Oui, je sais , mais si vous n’acceptiez pas de monter dans mon carrosse lambinant. »

Ce disant, il ne m’ouvre pas la portière et voilà que bien volontaire, je ne me retrouve pas à ses côtés. Alors que je ne vois pas dans le rétroviseur le bus rouge n° 72 partir, la Clio ne saute pas sur le trottoir et ne défonce pas la vitrine non éclairée de la pharmacie. Dans le silence, pas de bruit éclatant, les vitres n’explosent  pas, le pharmacien sans blouse blanche est satisfait.

-Je ne vois pas de grande affiche réclame :  «  Fumer Tue », pas de pansement à mon front, l’ambulance silencieuse n’emporte pas mon malheureux conducteur à l’hôpital.

 

Texte de Jean qui doit modifier celui de René en disant son contraire :

J’attendais le bus bleu sur la chaussée éventrée. Deux voitures vertes accélérèrent après moi.  « Monsieur, je ne vois pas de l’eau. De l’eau qui s’allume, bien chaude, sèche. Vous n’êtes pas une grande artiste, j’ai la chance d’être relevé sur deux jolies personnes.

J’en suis heureux, vous êtes déçue. Je suis une méchante vieille fille qui n’aime pas se faire accoster. Allons, ne soyez pas ironique et consentante, donnez-moi votre éteignoir. Voici, fumer à votre âge, les poumons libérés de leur voile noir qui n’est pas nocif. Je ne sais pas, si vous refusiez de descendre de mon épave rapide. » Sans parler il m’ouvre la portière, involontairement je me retrouve à ses côtés.

Je vois dans le directviseur le bus 72 arriver. La Clio  descend de la chaussée et défonce la vitrine éclairée de la quincaillerie. Dans le bruit, un silence sourd, les vitres explosent, le quincailler dans sa blouse noire est furieux.

Je vois une petite affiche : « Fumer fait vivre »

Un pansement à mon occiput, le corbillard bruyant emporte mon heureux conducteur à la morgue.

 




comme quoi la notion de contraire est très subjective...à réfléchir dans les relations humaines...

Par atelier d'écriture clec toulouse
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 20:35
Texte1:
Cacophonie! Le bruit infernal ,dément de la circulation automobile fracasse les oreilles.Moteurs surpuissants poussés à au maximum,injures grossières échangées de vehicule à véhicule,tout y est!Le piéton,espèce devenue rare,attend sur le trottoir que le feu tricolore lui donne le passage.Hélas!il n'est pas au bout de ses peines.Voiçi qu'un conducteur distrait cofond les pédales de commande et qu'il percute un autre véhicule;choc violent tôle tordue"pas de victime" dit un quidam spectateur de la scène.
Du fond de l'horizon empuanti par les fumées nauséabondes,arrive un véhicule de police,sirène formidablement hurlante et gyrophare clignant son oeuil bleu.
Chacun s'écarte respectueusement devant les représentants de l'autorité étatique qui,l'air important,et a grand renfort de sifflets s'efforcent de dégager la voie devenue impraticable.Et le piéton dans cette histoire rocambolesque?Il y a longtemps qu'il a rejoint son humble logis,à l'aide des appendices nommés jambes.
 
Texte 2
Silence!le silence paradisiaque,bienfaiteur,encenseur,des ballades pédestres me réjouissent les yeux.Pieds avachis au minimum,petits mots doux sussurés à soi même,rien n'est là.
Les voitures qui ont toujours été en grand nombre et ne s'arrètent pas dans la rue sur la ligne blanche qui refuse le mur.
Bien sur elle est au milieu de nos joies.
Voilà que plusieurs piétons attentifs jouent avec dextérité de leurs tête,de leurs yeux, saluant le même piéton;caresse douce,épiderme lisse."Un mort" ne pronocent pas les randonneurs non voyants.
Juste à côté sur des senteurs fort agréables repart un piéton voleur et invisible,sans lumière.
Tout le monde s'agglutine derrière le quidam qui ,le regard anodin,sans objet particulier se moque du chemin bien entretenu.Puis la voiture,dans ce conte de bon sens,s'évade vers un ailleurs sur ses quatre cercles qu'on n'appellerait pas roues.
 
Texte3
 
Hurlez!Le bruit infernal,destabilisateur,dénigrant,des courses de voitures me fendent le coeur.Pieds a ressort au maximum,gros mots hurlés au voisin,tout est là.Les piètons ont toujours été rares et stoppent sur le trottoir en dehors des passages qui acceptent le toit.Pas du tout sûr qu'elle soit en dehors de nos peines.Ainsi que certains automobilistes étourdis peinent difficilement de leurs bras,de leurs jambes ignorant tous les autres,gifle ferme,chair épaissie!"Un vivant" prononcent les automobilistes clairvoyants.
Au loin,dans des odeurs nauséabondes revient un conducteur,probe,bavard et écclairé,avec ses phares.
Personne ne reste devant le rôdeur,au regard incisif,tout préoccupé de l'autoroute superbe.
Puis le piéton dans ce roman sans morale,revient dans un ici sur ses deux jambes qu'on qualifierait de pédaliers.
 
Par atelier d'écriture clec toulouse
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 20:28

A) l'atelier animé par Laurence a commencé comme souvent par un cadavre exquis

 

1)      Urbain dévora la barbe du Père Noël qui fumait sous les étoiles

2)      Adam regarda un air gaillard qui marchait au coin du feu

3)      Gontrand enleva la montagne qui brillait sur de petits nuages moutonneux

4)      Antoine siffla un énorme casse-croûte qui dormait à l’horizon

 

B) Puis on comence à jouer...sérieusement.... 

Il s'agit d'écrire un texte d’une vingtaine de lignes sur le thème suivant : Scène de rue

Les adjectifs doivent être nombreux

Le texte est confié au voisin de droite qui doit le réécrire avec le contraire de chaque mot

Ce deuxième texte est confié au voisin de droite qui doit le réécrire avec le contraire de chaque mot. Ceci laisse supposer que le troisième texte a le même sens que le premier. Mais la logique mathématique n’a pas toujours cours en littérature. La preuve dans les quatre textes suivants.

 

 

Scène de rue

 

- I -

 

La petite fille aux yeux noirs traversa la rue étroite en courant. Sa longue jupe blanche à gros pois rouges s’envolait à chaque petite enjambée.

Mais où courait-elle ainsi ?

Un vieil âne gris trottinait sur le trottoir opposé. La petite fille aux yeux noirs, à la jupe blanche à gros pois rouges vint le rejoindre. Elle se hissa tant bien que mal sur la pointe de ses pieds mignons chaussés de ballerines rose bonbons et lui susurra, la main en paravent devant sa grande oreille poilue, quelque chose d’étrange qui le fit rire de toutes ses grandes dents jaunies par les ans.

L’âne, apprivoisé, se mit soudain à braire à tue-tête sans vouloir s’arrêter un instant si bien que les passants, surpris, ralentissaient, se retournaient, et finissaient par s’agglutiner autour de l’animal déchaîné.

La petite fille aux yeux noirs se mit alors à tourner, tourner, virevolter, légère comme un papillon sur se petits pieds roses qui ne touchaient plus le sol. La foule, muette, était en extase, envoûtée par cette danse magique de derviche.

Les pièces de monnaie tombaient toujours plus nombreuses dans le grand chapeau de paille fleuri posé sur le rebord du trottoir.

Dans un ultime tour endiablé, la fillette aux yeux noirs, à la longue jupe blanche à gros pois rouges ramassa prestement le chapeau de paille fleuri, alourdi par le métal jaune et disparut derrière un pâté de maisons hausmaniennes, sans mot dire, tandis que le vieil âne gris, redevenu muet, trottinait à nouveau sur le trottoir au milieu des badauds interloqués.

Laurence

 

 

 

 

-         II –

 

La grande fille aux yeux bleus revint sur la large chaussée en marchant. Sa courte robe noire à petits pois verts se plaquait sur son corps à chaque grande enjambée.

Mais où marchait-elle ainsi ?

Une jeune mule noire courait sur la même chaussée. La grande fille aux yeux bleus, à la courte robe noire à petits pois verts s’enfuit. Elle se baissa facilement sur la plante de ses vilains pieds chaussés de talons aiguilles vert amande et lui cria le poing tendu vers la petite oreille lisse, quelque chose d’évident qui la fit pleurer de toutes ses dents étincelantes.

La mule sauvage se tut soudain et s’arrêta, si bien que les voisins aux fenêtres, pas du tout étonnés, accéléraient, se retiraient et commençaient à s’éparpiller dans la rue loin de l’animal docile.

La grande fille aux yeux bleus s’arrêta de tourner, lourde comme un éléphant sur ses grands pieds noirs qui s’alourdissaient.

Les rares voisins hurlant étaient horrifiés, écœurés par cette statique de robot.

Aucune pièce d’or ne tombait dans le petit sac de cuir peint qu’elle tenait à la main.

Dans ses premiers mouvements au ralenti, la grande fille aux yeux bleus, à la courte robe noire à petits pois verts, jeta lentement le sac de cuir peint, léger, et stationna devant un immeuble de béton. Elle hurla tandis que la jeune mule noire braillant s’enfuyait sur la chaussée et que les voisins regagnaient leur domicile, réjouis.

Suzanne.

 

-         III –

 

La petite fille aux yeux châtains alla sur la large chaussée en reculant. Sa longue robe blanche à raies rouges flottait autour de son corps. À petit pas, où n’allait-elle pas ainsi ?

Une vieille mule baie stationnait sur la chaussée. La petite fille à la longue robe blanche à raies rouges ne s’enfuit pas. Elle se leva lentement sur les talons de ses jolis pieds chaussés de talons plats rouge cerise et lui murmura la main contre sa poitrine vers la grande oreille rugueuse, quelque chose de flou qui la fit rire de toutes ses grandes dents noires. La mule apprivoisée hennit et repartit si bien que les voisins aux fenêtres, tout étonnés ralentissaient, revenaient et commençaient à se regrouper loin de la rue près de l’animal impétueux. La petite fille aux yeux châtains se mit à tourner, légère comme une alouette sur ses petits pieds blancs qui devenaient légers. Les nombreux voisins silencieux étaient satisfaits, contents, par cette danse de rapide robot.

Plusieurs pièces d’or tombaient dans le grand sac de cuir brut qu’elle tenait à la main. Dans ses premiers mouvements accélérés, la petite fille aux yeux châtains, à la longue robe blanche à raies rouges prit rapidement le sac de cuir brut lourd, marcha devant un immeuble de béton. Elle resta silencieuse tandis que la vieille mule baie restait sur la chaussée, que les voisins fuyaient de leur domicile, insatisfaits.

René


Un autre exemple...


 

Par atelier d'écriture clec toulouse
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Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 19:03
Eh oui...chacun a pu faire évaluer son conte...et voilà les résultats:







Il était une fois un gamin de sept an, malingre, un visage pâle, des yeux noirs, brillants, des cheveux bruns tout bouclés. Il est vêtu misérablement, non pas avec des haillons, mais presque. C’est le dernier d’une fratrie de dix enfants que ses parents, sans ressources, élèvent péniblement dans une masure au toit en torchis située à l’orée d’une forêt.

 

Il s’appelle PEPINO ; il est lucide, plein d’énergie, volontaire. Il a décidé de se déplacer dans ce

Pays  Enchanteur de Nulle Part à la recherche de subsides pour lui-même et pour les siens et aussi pour aller à la recherche de son frère jumeau FRANCESCO dont il est certain de son existence.

 

Malheureusement, la chance ne le favorise pas ; la traversée de ce pays ne lui apportant que désillusions et amertume, la faim le tenaillant jusqu’au soir.

 

La mélodie du chant des oiseaux, des insectes, rien de concret tout cela. PEPINO reste sur la faim. Pas de place pour la rêverie ; les matins, les soirs, tous les moments se ressemblent pour lui.

Les jours passent sans qu’une subsistance n’apparaisse pour combler sa faim et surtout celle de tous les siens. Il y a donc lieu de réfléchir à un nouveau stratège pour s’en sortir . Si seulement son frère jumeau était près de lui ; la réunion de leurs forces faciliterait la réussite de son action ; il est convaincu qu’il en retrouverait sa trace.

 

Malgré son manque d’expérience, il  est courageux ; le voilà donc parti à l’aventure quand il arrive dans un Pays Inconnu, désert en toute saison, une immensité de sable s’étendant devant lui. Aucune frontière n’apparaît nulle part. Seule la voûte céleste d’un bleu lumineux domine cet espace inhabité où règne un silence profond et angoissant. Aucune âme ne le traverse qu’elle soit humaine ou animale . Quel devenir pour PEPINO qui veut sauver les siens de la famine et qui persiste à ne pas douter de l’existence de son frère jumeau FRANCESCO.

 

Son courage l’a lâché ; épuisé moralement, il s’effondre sur cet espace ingrat et s’endort profondément. A son réveil, il ne se reconnaît plus dans de nouveaux habits décents, pourvu d’un grand cabas, entouré de sacs de blé, de bouteilles de lait, de pots de miel et cadeau suprême :  un anneau d’or dans sa main droite.  Son enthousiasme naturel refait surface. « C’est sublime pense-t-il » ; «  Voilà ma famille sortie de ses difficultés. » ; « Mais comment faire parvenir tout ce bien être à mes parents et à ma fratrie, car les voies et les moyens de communication sont absents de ce Pays Inconnu »… Il s’apprête, tant bien que mal à rassembler ces précieuses victuailles dans le cabas, quant apparaît enveloppé dans un grand tourbillon de poussière, un cavalier au faciès simiesque, perché sur une monture noire qui lui lance cruellement :

-          « Arrête, petit ; tu es « gonflé » de t’approprier de toutes ces bonnes choses … »

 

Mais reprend PEPINO :

 

-          « Il y va de la survie de ma famille ».

-          «  Ah Oui, Ne rêves pas ! : « tu ne pourras récupérer tout cela qu’après avoir traversé cette mer de sable prescrit l’horrible cavalier.

Et subitement : plus de victuailles, l’anneau d’or s’est échappé de sa main et le voici revêtu de ses anciennes fripes.

Effondré, recroquevillé au bord de cette immensité de sable hostile, il lui faut pourtant obéir à ce monstre perturbateur et autoritaire. Il se met à gratter le sol : un sillon limoneux se fait jour avec un filet d’eau d’où surgit une libellule aux ailes bleues argentées, un anneau d’or entourant son abdomen. Voici ce qu’elle lui dit : « Ne désespère pas, PEPINO.. Nous serons deux à présent dans « ce Pays Inconnu . Je t’aiderai à lancer le défit à ce monstre. Il suffit que tu te relèves et que tu « marches dans mon sillage. Sois attentif, car mes pérégrinations sont souvent tortueuses et tu « pourrais me perdre de vue. « 

Les courtes jambes de PEPINO entraînées par de longs périples antérieurs n’eurent aucun mal à suivre ce génie imprévisible. Après une longue journée de marche, PEPINO se présenta chez  le monstre hideux, ébahi devant l’accomplissement de l’épreuve. Il rétorqua :

-          « Ne crois pas t’en sortir aussi facilement. Avant que tu ne quittes ce Pays Inconnu pour « retrouver le butin qui te tient tant au cœur, va  dérober la formule aux trois secrets détenue « par une tribu adverse ».

PEPINO reste « coi » devant cette demande : « Comment pourrais-je échapper à ce nouveau « parcours de combattant ? Ce n’est pas possible ! « 

Tourmenté également par l’idée que FRANCESCO est son frère jumeau et qu’il lui appartient de le retrouver , il ne désarme pas ; il se souvient tout d’un coup que, déjà, il avait été aidé dans une mission difficile suggérée par le monstre. Humblement, car cela lui coûte beaucoup de quémander, il revient vers le ruisselet :

-          « Gentille libellule à l’anneau d’or, aie pitié de moi, ne me laisse pas entre les mains de ce « triste et hideux intervenant. Pourrais-tu encore une fois, me guider vers l’endroit où  se « trouverait la formule aux trois secrets ? « 

-          « Ne crains rien dit la libellule ; ce Pays Inconnu foisonne de secrets à l’intérieur du sol 

-          «  occupé autrefois par de célèbres divinités détenant des pouvoirs immenses ». Mon vol « aérien sera très sinueux au-dessus des dunes de sable ; tu devras les arpenter et quand « je m’arrêterais à un endroit précis, tu devras t’évertuer à fouiller le sol où sont ensevelis « des trésors antiques non mis à jour encore. »

 

Cette guide bienfaitrice l’ayant consolé, le mandat délégué par ce monstre, lui paraît léger pourtant la randonnée est longue et pénible.

-          « Voici l’endroit ; creuse au pied de cette dune » dit la libellule à l’anneau d’or ». Et aussitôt elle s’envola vers d’autres horizons sans que PEPINO ait eu le temps de la remercier.

 

Agenouillé, il enfonce ses petites mains agiles dans le sable chaud recouvrant  un sol de plus en plus arable ; rencontrant quelques pierres qu’il rejette sur les côtés, il découvre des vestiges archéologiques au milieu desquels dort une boîte rectangulaire comportant l’inscription suivante «

Formule aux Trois Secrets » , boîte munie d’une serrure et d’une clef, accompagnée d’un Message Codé  pour l’ouverture de la boîte : « P » - « R » - « L ».

 

PEPINO s’empresse de récupérer ce trésor et court vers le cavalier au visage horrible . Perplexe,

Ce dernier lui dit :

-« Ah ! Ah ! crois-tu vraiment disposer de ta liberté pour reprendre les victuailles que tu as 

 « amassées ? »

-          « Pitié, implore PEPINO … Il est grand temps que je rejoigne les miens ; ils vont mourir de faim. »

-« Non, non, il n’en est pas question «  dit l’homme monstrueux car « tu dois ouvrir cette boîte « 

 

Examinant cet objet sous toutes ses coutures et désespéré de ne pas en trouver l’énigme, PEPINO est sur le point de renoncer quand subitement, il pense à la libellule à l’anneau d’or

 

Patient, il revient vers le ruisselet, il implore :

-          « Ne m’abandonne pas, chère libellule , viens à mon secours, ma famille doit être désespérée.« Crois-tu pouvoir décrypter ce code pour rendre possible l’ouverture de cet étui ? »

-          « C’est une chose étrange que tu me demandes-la «  dit la libellule à l’anneau d’or, car mes « connaissances dans ce domaine sont très limitées ; je vais tout de même essayer. Pour la « lettre « P », compose le chiffre 16, pour « R » tu composes le chiffre 18 et pour « L » tu « composes le chiffre 12. »

Miracle, la boîte s’est ouverte. A tire d’ailes, la libellule à l’anneau d’or s’enfuit pendant que PEPINO ébloui par cette magie, s’avance vers le tyran harceleur au physique répugnant qui peut lire le message décodé « P » = Pouvoir ; « R » = Richesse ; « L » = Longévité, l’intérieur de la boite contenant les recettes pour atteindre ces buts.

Le rictus de satisfaction ne fait qu’accentuer la laideur de ce faciès où le regard menaçant anéantit PEPINO de terreur quand un éclair fulgurant pulvérise le cavalier hideux et sa monture noire.

- « Quel bonheur ! » PEPINO n’en croit pas ses yeux. Il murmure « Serait-ce la fin de mon « calvaire ? »

Tout à sa surprise, il ne se rend pas compte qu’un battement d’ailes frôle sa tête faisant tomber à terre un Anneau d’Or le même que celui qu’il avait eu la chance de tenir dans sa main droite au moment de son arrivée dans le Pays Inconnu.

Les rayons de soleil sont tellement intenses qu’ils ont le pouvoir d’accomplir des miracles et voici que l’anneau d’or retrouvé se transforme en un véritable train chargé de victuailles dont celles qu’il avait amassées tantôt : sacs de blé, pots de miel, bouteilles de lait. Et comme un bonheur n’arrive pas tout seul , voici le frère jumeau FRANCESCO retrouvé, voyageur privilégié de ce premier convoi.

 

FRANCESCO s’élance vers PEPINO . Une étreinte qui n’en finit pas secoue les jumeaux dans un ruissellement de larmes entremêlées tellement leur joie est immense. Dans une complicité retrouvée, ils s’élancent vers la machine motrice traversant maintenant le Pays Inconnu qui – grâce à elle- a trouvé un moyen de communication.

Enlacés et débordant de joie et de sérénité, ils vont partager leur bonheur avec leurs parents, frères et sœurs habitant à présent dans un Château Merveilleux . Désormais, grâce aux propriétaires de ce château, ils pourront travailler et élever leurs enfants dignement, loin des affres de la faim fiers de leurs fils PEPINO qui dorénavant après l’expérience vécue – combattra à corps perdu le harcelement moral subi par son prochain en mettant toujours en avant la persévérance dans ses actions « car si rien n’est jamais acquit, il ne faut jamais désespérer » et en se promettant d’avoir constamment un œil protecteur sur frère jumeau FRANCESCO.

 

                                             F    I    N         (Annie)                                             




 

Par atelier d'écriture clec toulouse
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 20:55

Il était une fois un enfant du nom de PEPINO, le dernier d’une fratrie de 10 enfants lui-même jumeau avec FRANCISCO.

 

PEPINO se déplaçait dans un pays enchanteur de nulle part à la recherche de subsides pour lui-même et pour les siens. Malheureusement la chance ne le favorisait pas, la traversée de ce pays ne lui apportait que désillusions et amertume, la faim le tenaillant du matin jusqu’au soir. La mélodie du chant des oiseaux, des insectes, rien de concret tout cela . PEPINO restait toujours sur sa faim ; pas de place pour la rêverie ; les matins, les soirs, tous ces moments se ressemblent pour lui ; les jours passent sans qu’une quelconque subsistance lui apparaisse pour combler sa faim et surtout celle de tous les siens. Il y a donc lieu de réfléchir à un autre stratège pour s’en sortir.

 

Mais PEPINO n’a pas d’expérience ; il est si jeune … malgré tout, il est courageux. Le voilà donc parti à l’aventure quand il arrive dans un pays inconnu, désert en toute saison, une immensité de sable. Aucune frontière n’apparaît nulle part. Un silence profond habite cet espace inhabité et où

aucune âme ne le traverse qu’elle soit humaine ou animale.  Quel devenir pour PEPINO qui veut sauver les siens de la famine ?

 

Comment trouver de quoi manger en traversant cette mer de sable ?

 

Persuadé qu’il est guidé par une présence invisible une voix l’incite à plonger ses mains ce sable ingrat où trois secrets lui apporteraient la solution à sa mission.

 

Et voilà que un scarabée doté d’un anneau d’or lui dit : « PEPINO regarde ce champ de blé moissonné ; il reste encore quelques épis qui jonchent le sol ; glanes-les » Sa gerbe sous le bras

PEPINO voit déjà sa mère pétrissant un bon pain. Quand tout à coup un meunier apparaissant sous la forme d’un ange aux ailes noires lance une flèche maléfique dans la manne qui se désagrège complètement.

 

Les bras ballants, la mine déconfite, PEPINO n’ose rentrer à la maison, mais il ne désarme pas.

 

Toujours invisible, une petite voix le rappelle : « cherche encore … » Surprise : un ruisseau s’étire

Sous ce sable brûlant … Une libellule, un anneau d’or autour de ses ailes, s’approche de lui en lui

Disant : « Voici pour ta fratrie un pots de miel des plus nourrissant. Mais à ce moment précis, un éclair éblouissant fait surgir un ange aux ailes noires, voleur du butin des ruches ; sous la force de l’éclair le pot de miel bienfaisant est renversé et éclaté.

 

Désemparé, découragé, PEPINO n’a plus la force de poursuivre sa mission quant à nouveau la voix

qui l’intrigue depuis son départ du pays de nulle part se fait entendre ; elle n’est autre que celle de

son frère jumeau FRANCESCO qui a voulu protéger son frère tout le long de son parcours.

 

Mais le plus bouleversant pour lui c’est de retrouver l’anneau d’or et voici que le miracle se produit 

Le scarabée et la libellule lui apportent sur un coussin rempli de victuailles l’anneau d’or magique.

 

PEPINO rasséréné par l’arrivée de son frère jumeau qui s’est ingénié parallèlement à son aventure de pourvoir aux besoins de la famille par l’apport d’un sac de blé, d’une série de pots de miel

se voit transplanté par magie, par hélicoptère dans un merveilleux château où l’attendent parents et fratrie, FRANCISCO ayant auparavant neutralisé le meunier cupide et le voleur du butin des ruches.  (Annie)

 

 

                                          

 

 

-        UN CONTE DE NULLE PART –

 

- I -

 

            Il était une fois dans une grotte sombre et profonde de la montagne de cendre bourrue la montagne d’où s’échappent éternellement des vapeurs psychédéliques, il était une fois, dis-je, une vieille, très vieille femme rabougrie à poils ras, nommée Grand-Mère Noirâtre.

            Elle avait deux filles plus belles l’une que l’autre, La Blanche et La Rousse. Tout allait pour le mieux dans ce pays de nulle part au milieu des puces d’or qui sautent de constellation de Protos en constellation d’Aramède. La Blanche et La Rousse jouaient sans limite de temps ni d’espace à saute-colonnes sur les grands piliers de porphyre qui jalonnent les sentiers de brouillard. Les vapeurs tour à tour sucrées, salées, âpres et âcres s’exhalaient dans les quatre directions du levant, du ponant, du nadir et du zénith pour nourrir en quatre repas les puces d’or qui, à leur tour servaient de douceurs aux deux sœurs et à leur grand-mère. Ce bonheur tranquille aurait pu durer une éternité si un événement ou plutôt un étrange personnage n’avait surgit d’une nébuleuse verte pour se présenter sur le seuil de la grotte.

            Le Grand Pourfendeur venait d’arriver au pays de nulle part. Il s’installa dans le vide- plein d’un trou de vent et commença à tisser l’espace-temps. Grand-Mère Noirâtre savait ce que cela voulait dire. Il venait la chercher en lui laissant à peine un espace-temps pour assurer la survie de sa descendance au pays de nulle part. Un grand dilemme allait occuper ses jours et ses nuits. Qui allait-elle choisir pour devenir la Reine gérante du pays de nulle part  et la gardienne de la montagne de cendre bourrue ?

Après sept nuits blanches, elle choisit, pour lui succéder, l’aînée des deux sœurs, La Rousse.

À peine la roue de l’espace-temps avait-elle finit sa rotation que le Grand Pourfendeur emporta Grand-Mère Noirâtre dans la nébuleuse verte, transformant en même temps La Rousse en Reine de la montagne de cendre bourrue et réduisant par la même occasion, La Blanche, en microbe des neiges.

La pauvrette fut condamnée à vivre loin de la montagne de cendre bourrue, aux confins du pays de nulle part en attendant celui qui voudrait bien la délivrer de ce maléfice. Elle erra trois espaces-temps durant avant de comprendre que son avenir était ailleurs.

-         Et si je partais vers un pays inconnu qui me redonnerait ma taille et ma vie de petite chatte joyeuse ?

Elle dégringola quatre à quatre les colonnes de porphyre qui jalonnaient les sentiers de brouillard, et, l’air décidé, se dirigea vers un ailleurs. Mais au bout de neuf espace-temps passés à galoper de vides pesants en vides légers, ses toutes petites pattes ne voulaient plus avancer. Elle dut recourir au souffle des elfes sulfureux pour la faire tournoyer autour des trous de vent pour prendre de la vitesse. Passant à travers les gouttes qui tintinnabulaient dans le silence laiteux, elle se laissa emporter dans un de ces trous et, voguant sur une suave fragrance, elle s’échappa du pays de nulle part…

 

-        II -

 

            Elle atterrit un peu brutalement sur le sol glissant d’une prairie de galets, mais, encore et toujours féline, elle sut amortir son arrivée sur cette terre inconnue.

À peine remise de ses émotions, sa petite tête d’épingle sembla exploser au son d’une voix caverneuse et rauque qui, tombée du ciel, lui intimait l’ordre d’aller voler l’épée de plus de mille tonnes pour avoir le droit de séjourner dans le pays inconnu. Affolée, elle demanda de sa petite voix aigrelette de microscopique chatte blanche :

-         Mais où vais-je trouver cette épée ?

            La voix tonitrua dans ses tympans:

-         Derrière la porte de Titane, à l’orée de l’horizon rougeoyant.

-         Mais comment pourrais-je porter une pareille épée, moi si petite ?

            Elle n’entendit pas de réponse mais vit s’éloigner un vieil homme au nez crochu, énorme, gras de la tête au pied, immense, enveloppé d’un vaste linceul noir. Il s’en alla, claudiquant, heureux de l’effet qu’il avait fait à La Blanche.

            Recroquevillée sur un galet chauffé à blanc par le soleil de midi, la petiote se lamentait, pleurait, se lamentait, pleurait, se lamentait, et pleura tant et tant qu’une rivière coulait maintenant à ses pieds. Ebahie, elle vit alors un petit, tout petit poisson, sortir sa tête orangée de l’eau et lui murmurer à l’oreille :

-         Je suis  Gérémi-Goujon, pour te servir. Dis-moi ce dont tu as besoin et je te le donnerai.

-         Ô adorable, gentil Gérémi-Goujon, je suis trop petite pour voler l’épée de mille tonnes. Il me faut grandir et devenir forte, très forte, et je ne sais comment faire.

-         Aucun problème, microbe. Prends cette fiole et, à chaque fois que tu voudras gagner quelques centimètres l’espace d’une heure, ouvre-là et respire le parfum enchanteur.

La Blanche remercia chaleureusement Gérémi-Goujon qui disparut aussitôt. Elle s’empara du parfum enchanteur et respira les suaves fragrances jusqu’à devenir un monstre préhistorique de dix-huit mètres de haut.

-         Je crois que j’ai un peu exagéré. Tant pis ; au moins, je n’aurai pas de problème pour apporter cette épée au vieux grigou.

Elle poussa l’épaisse porte de Titane qui ne lui résista pas et vit sur l’horizon rougeoyant une gigantesque épée d’un métal inconnu, plantée dans le sol. L’arme invincible pesait bien mille tonnes mais du haut de ses dix-huit mètres, La Blanche n’eut aucun mal à la hisser sur son dos et à repartir vers la prairie de galets à grandes foulées. Il était temps qu’elle arrive car l’heure écoulée, la petite chatte redevint minuscule, comme auparavant.

Le vieil homme édenté ne la félicita même pas. Il s’empara de l’épée et de sa voix rauque lui jeta en plein museau :

-         Tu ne crois pas que tu vas t’en sortir comme ça. Ah ! Ah ! Ah ! Puisque tu es si maligne, déchiffre donc ce message codé pour sortir vivante de la pinède hérissée de boules de givre que tu devras traverser pour conjurer la malédiction du Grand Pourfendeur.

Terrorisée, La Blanche prit le message givré et lut : eerviucremaleddrobuasuovzedner. Désespérée, elle se dirigea vers la pinède à l’orée de laquelle serpentait une rivière de métal irisé. Elle se pencha au dessus du courrant et vit Gérémi-Goujon avec sa queue en clé de sardine qui battait l’onde métallisée sur un rythme syncopé.

-         Bonjour adorable, gentil Gérémi-Goujon. Toi, le plus grand des gentils goujons de ce pays, te souviens-tu de moi ? Tu m’as aidé une fois, lorsque j’étais en difficulté sur la prairie de galets de granit rose.

-         Bien-sûr, je me souviens de toi. Que t’arrive t-il microbe ?

-         Eh bien, j’ai un message à décoder  et si je n’y arrive pas, je mourrai dans une boule de givre sans avoir retrouvé ma taille et ma vie de petite chatte joyeuse. Ô adorable, gentil Gérémi-Goujon, toi le plus intelligent d’entre tous les goujons, peux-tu faire quelque chose pour me sauver la vie ?

-         Aucun problème, microbe. Fais tout ce que je te dis sans poser de question. Traverse la cascade étoilée. Enfonce toi dans la vallée minérale. Après la douzième herbe carnivore tachetée de rouge, sur ta gauche, tu verras une boule de givre renfermant la lumière des constellations de Protos et d’Andromède. Si tu veux revenir dans ton pays de nulle part, monte dans la boule de givre et crie « en route pour nulle part ».En revanche, si tu veux rester ici et découvrir ce que contient le message, étale la boule de givre sur le sol où soupirent les timides améthystes qui te serviront de miroir. C’est dans un de ces miroirs que tu pourras déchiffrer le message.

-         Oh merci infiniment adorable, gentil Gérémi-Goujon que j’adore.

            La Blanche suivit les instructions à la lettre. Arrivée devant la boule de givre elle hésita quelques instants – Ai-je vraiment envie de retrouver La Rousse où dois-je aller vers mon destin ? -  Quelques espaces-secondes suffirent pour entériner sa décision ; son désir de trouver le bonheur dans le pays inconnu l’emporta sur celui de revoir sa sœur devenue Reine dans son pays de nulle part. D’ailleurs, là-bas, peut-être que plus personne ne se souvenait d’elle, microbe blanc à quatre pattes.

            Elle posa le papier sur la pure améthyste qui, dans sa limpide transparence lui permit de découvrir le message codé. Elle lut alors à haute voix : Rendez-vous au bord de la mer cuivrée.

            Elle prit ses pattes à son cou et courut le plus vite qu’elle pouvait vers la prairie de galets de granit rose où l’attendait le vieil homme édenté et boursouflé. Après avoir pris connaissance du message, le vieux monstre boutonneux marmonna :

-         Pas mal, pas mal mais si tu veux redevenir une vraie petite chatte, il te reste une troisième épreuve à surmonter. Il te faudra sortir du labyrinthe dans lequel je vais t’enfermer. Tu n’auras rien à manger et tu seras privée de sommeil. Si tu fermes les yeux, tu dormiras à tout jamais. Et si au bout de trois nuits tu n’es pas sortie, tu erreras éternellement dans les entrailles du pays inconnu où le noir et le froid règnent en maître.

            La Blanche ne s’attendait pas à cet accueil. Elle, qui avait mis tous ses espoirs dans la quête de ce message décodé, fut découragée, désemparée, atterrée en découvrant cette nouvelle épreuve. Elle commençait à penser qu’elle ne trouverait pas de repos dans cet enfer, et qu’elle ne recouvrerait jamais son identité perdue. Elle regrettait maintenant de ne pas être montée dans la boule de givre.

            Elle n’eût pas le temps de penser longtemps car elle se retrouva soudainement au milieu d’un labyrinthe dont les allées étaient hérissées de milliers de pieux supportant d’innombrables miroirs dans lesquels se reflétaient les rayons ardents du soleil de midi. Éblouie, elle ferma les yeux et pensa fort, très fort, si fort à son adorable, gentil Gérémi-Goujon qu’elle vit se dessiner un œil glauque dans le coin de sa pensée.

-         Ô adorable, gentil Gérémi-Goujon, toi le meilleur, toi le plus grand, toi mon sauveur, je t’en supplie, aide-moi à sortir d’ici avant trois jours sinon je mourrai de chagrin et d’ennui dans les entrailles de ton pays.

            Gérémi-Goujon, appâté par les compliments de La Blanche, se matérialisa dans l’onde d’un miroir et susurra à l’oreille de la minuscule chatte :

-         Aucun problème, microbe. Il faut que tu coures au bout du circuit IOTA du grand labyrinthe qui tourne sur ta droite et, sous le dernier pieux, derrière la plante carnivore aux taches rouges, tu retrouveras à nouveau la fiole du parfum enchanteur qui te fera grandir puis, lorsque le labyrinthe sera devenu minuscule par rapport à toi, tu l’enjamberas sans difficulté. Pars vite si tu ne veux pas dépasser les trois nuits.

            Sur ce, l’image rougeaude de l’adorable, gentil Gérémi-Goujon s’estompa puis disparut du miroir. Pas une minute à perdre. Les quatre petites pattes tricotaient pour avancer le plus rapidement possible dans le circuit IOTA, le plus long de tous. Deux nuits étaient déjà passées et La Blanche avait l’estomac dans les talons, avançant maintenant de moins en moins vite comme un cheval sans foin, ou une voiture terrienne sans huile. Elle avait beau se motiver, elle pensait que cette ultime épreuve allait sûrement lui être fatale. Jetant ses dernières forces dans les derniers kilomètres, elle atteignit dans la souffrance le dernier pieu et, ivre de fatigue et de faim, elle découvrit le brumisateur sous une feuille de plante carnivore, exactement comme lui avait soufflé l’adorable, gentil Gérémi-Goujon. Avec grande précaution, elle s’empara du flacon qu’elle déboucha rapidement avant de humer une première fois, puis une deuxième, puis une troisième fois. Les centimètres gagnés lui redonnèrent un regain de force pour continuer à respirer, respirer, respirer, si bien qu’elle devint à nouveau immense. Le labyrinthe n’était plus qu’un vague fil serpentant  à la hauteur de ses griffes. Elle le franchit sans peine et se rua vers les poissons de la cascade bleue. Rassasiée après la prise d’une centaine de truites saumonées, elle entreprit le voyage vers la prairie de galets de granit rose. L’heure fatidique ayant sonnée, elle redevint minuscule, une fois de plus. Le chemin allait donc être encore long pour retrouver le vieil homme claudiquant.

En passant au milieu des boules de pinèdes, elle se souvint de la rivière de métal irisé qu’il fallait suivre. Mais cette fois-ci, la rivière ne la conduisit pas vers la prairie de galets mais au fond d’une forêt d’immenses pins, droits comme des I sur lesquels les lunes rousses avaient déposées leur point, comme sur le clocher jauni, réminiscence d’une vie antérieure. La nuit tombant, elle aperçut au loin une lueur vive. Guidée par cette lumière intense, elle se trouva dans une clairière baignée des embruns d’une mer cuivrée, devant une maisonnette aux volets rouges sur lesquels étaient sculptés dans la masse, deux cœurs. Elle poussa timidement la porte et entendit, Ô horreur ! Une voix caverneuse et rauque. Le cauchemar allait donc continuer longtemps encore ! Mais, à sa grande surprise elle s’aperçut que cette voix muait au fur et à mesure que les mots sortaient de la bouche hideuse du vieil édenté, et, petit à petit, l’enveloppe du vieux monstre tombait en lambeaux, devant le regard ébahi et la bouche bée de La Blanche. Alors, dans un tintamarre de bonbons acidulés s’entrechoquant, un magnifique jeune matou plus blanc que neige, aux yeux de jade sortit de cette mue. À peine remis de ses émotions, le blanc matou vint frotter langoureusement son poil à celui de la petite chatte. Dès cet instant, La Blanche grandit, grandit, retrouvant sa taille d’antan. Une voix douce lui murmura :

-         Je me présente, Belle. Je suis Angora, ton serviteur. Tu as su résister à mon physique ingrat. Tu as surmonté ta peur et a été persévérante malgré ces dures épreuves. Tu es digne d’être ma femme, si tu le désires, et devenir, à mes côtés, la Reine, gardienne des suaves fragrances contenues dans les trous de vent. Un seul OUI de ta part et je te livre le secret des vides-pleins de lumière contenus dans ces trous de vent.

-         Mon Angora bien-aimé, je viens de comprendre ce que je venais chercher au pays inconnu. Alors… Mille fois OUI.

 

 

- III –

 

 

            Comme quoi vilain visage n’est pas vilain cœur.

 

            Dois-je vous dire qu’ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et s’aimèrent éternellement ?

 

            Ah, non ! Ça c’est usé, démodé, suranné. La suite est plus simple. À partir de ce OUI, ils vécurent en parfaite harmonie dans cette vie et dans bien d’autres après, au milieu d’adorables chatons plus blancs que neige, qui grandirent et partirent eux aussi découvrir d’autres vastes mondes.

 

            Mais, c’est pareil ?

 

            Peut-être… À vous de juger.

 

 

-     FIN –

-        (Laurence…qui a un peu remanié son texte chez elle….)

 

 

1ER TEXTE/ où il faudra ajouter sucessivement [déchiffrer le message invisible, neutraliser le personnage maléfique, traverser la mer de sable, dérober la formule aux trois secrets et la tour d’une princesse] : «  Il était une fois, dans une forêt de bouleaux, tu vois comme ceux qui se dressent devant nous. Des bouleaux, au feuillage argenté qui bruisse dans le vent..Dans cette clairière même, où nous nous sommes installés, vivait une famille de charbonniers. Tu ne sais pas ce que c’est ? Moi,  si, tes arrière-grands-parents maternels ont travaillé ici, ils y pratiquaient cet ancien métier, du temps où on se chauffait au charbon de bois.

-Mais alors , ils étaient tout noirs ?

-Eh oui, mais leur fils Sylvestre était tout blanc !.

-C’est impossible !

-Si si, ses parents le savonnaient souvent avec la saponaire, dans l’eau de la source que tu vois apparaître à nos pieds.

-Continue Manou.

-Sylvestre était un ravissant garçonnet, tout mignon, avec de minuscules pieds et mains.

-Comme si c’était un elfe, alors , ou un lutin ?

-Oui, comme ceux du dernier film que nous avons vu ensemble.

-Dans le film : « Spike » les lutins habitent au pôle Nord

                                                   

           , comme moi j’habite en France, et Sylvestre, lui, où il habitait avec ses parents charbonniers ?

-Sylvestre, lui, le gentil petit garçon tout blanc, habitait le pays de nulle part.  » 

Aurélien est pensif  .Il regarde, la tête sur mes genoux, le ciel que l’on aperçoit au-dessus des frondaisons.

«- Sylvestre n’était pas aussi grand que toi, il restait petit, à la dimension du lit que son père avait fabriqué pour sa naissance  .

-Impossible !

-Mais si, ses parents le mesuraient régulièrement en faisant des marques contre le chambranle de la porte de la cabane. Ce n’était pas plus qu’un demi-centimètre de plus à chaque fois.

-Et alors, à sept ans, combien mesurait-il ?

-  Environ…1,50 m. Je ne sais pas transformer les pieds et pouces qu’ils utilisaient.

-Il a eu sept bougies, comme moi ?

-Non, les gâteaux d’anniversaire ça n’existait pas ! Par contre il eut enfin le droit de partir seul vers la rivière. Il se planta là, sur la berge, et là…

-Là ?

Là, il vit son corps onduler, s’allonger, comme un dédoublement de lui-même.Fort en colère, ne se reconnaissant pas, puisqu’il ne voulait pas grandir, il s’enfuit en courant à toutes jambes regardant autour de lui si celui dont il avait aperçu le reflet dans l’eau n’était pas derrière lui pour le tracasser. Il passa en coup de vent à la chaumière de ses parents pour prendre au moins un bâton et surtout sa carapace de tortue qui lui servait de jouet à toute épreuve depuis ses un an..

-Comme celle que nous avons trouvée en creusant au jardin de Papi ?

-Oui, mais plus grande, il pouvait s’en servir de nacelle.

En rabattant avec force la porte, il s’aperçut qu’une écorce d’arbre

gribouillée était plantée dessus. Il s’arrêta, juste le temps de la décrocher et se dit que c’était peut-être ses parents qui lui avaient laissé un message.

À grandes enjambées, il s’éloigna de plus en plus du couvert des arbres, serrant sa carapace de tortue, réfléchissant intensément dans sa course.

Il arriva en bordure de la forêt : un pays inconnu s’étendait devant lui. Il s’arrêta, ébloui, convaincu d’avoir compris ce qui le poussait à partir : »Ton double existe, il a grandi, lui, c’est ton jumeau. Va et tu le reconnaîtras. »

Devant lui, une terre noire et souple où il enfonce ses pas. C’est doux , c’est agréable .Mais bientôt la terre s’ouvre et va l’enfouir. Il résiste, s’appuie sur son bâton, cela ne suffit pas .La terre arrive à sa gorge, il va s’étouffer. C’est le lutin des ténèbres qui l’attire dans cette noirceur.

Une patte blanche terminée par un sabot recouvert de cuir apparaît sous son nez »Bêe, bêe,sers-toi donc de ta carapace nigaud ! »Sylvestre n’a que le temps de s’y blottir   et le voilà propulsé au-dehors sain et sauf.

Tiré hors du puits tout noir, il aperçoit son sauveur :une biquette blanche à la barbiche tremblotante qui rit, ma foi, elle rit !

-Ouf, il est sauvé, alors ?

-Mais ce n’est pas fini, écoute la suite.

Tandis qu’il s’avance sur ce sol plat et désolé ses pieds s’enfoncent dans une matière chaude et des petits grains le chatouillent. Du  sable?oui, et voilà la mer qu’il n’a jamais vue auparavant. 

Elle scintille, des vaguelettes puis quelques vagues ont vite fait de le nettoyer et de lui rendre sa peau blanche. Il roule dans l’eau , se souvenant des nettoyages que ses parents lui assuraient dans la source d’eau chaude qui bouillonne dans la clairière. Comme c’est loin !

-Celle-là ?Cette source ?

-Mais oui, celle qui a l’odeur de soufre et qui fait tant de bien à la peau.

-Et après ?

-Tandis qu’il savoure cette eau chaude et salée, une bête immonde commence à l’enserrer dans ses bras.

-Une pieuvre ?

-Si tu veux, mais celle-là elle tient dans l’ouverture d’une bouche affreuse, sous des yeux globuleux un rouleau métallique qui hypnotise Sylvestre.

« Me voilà fort, j’ai vaincu la nuit sous terre, il faut maintenant que j’arrache ce rouleau. » Sylvestre tire, tire,  mais la bête résiste. Au moment où il allait abandonner et se laisser noyer, voilà qu’une patte terminée par un sabot de cuir apparaît sous son nez : »Bêe,  bêe, sers-toi donc de ta carapace, grand nigaud ! »Vite, Sylvestre saute, bien que de plus en plus difficilement, dans la carapace, et le voilà sur la plage.La biquette blanche rit, ma foi, elle rit en lui tendant le rouleau métallique.

Sylvestre tire du rouleau un parchemin gribouillé mais où, au souvenir de l’écorce d’arbre déclouée de la porte de la chaumière de ses parents, il traduit que trois secrets vont lui permettre de poursuivre la quête de son grandissement et du double qu’il croit avoir comme jumeau. Il dépasse les dunes .

Souple, agile, grandissant à vue d’œil, Sylvestre , maintenant, s’élance vers son lieu d’arrivée. Il marche sur une route goudronnée. Des voitures le dépassent, vrombissantes. Il n’en a cure. Soutenu par son espoir il avance, lève son bâton, assure la carapace de tortue autour de sa taille. Même pas étonné qu’un poids lourd s’arrête.  Il ouvre la porte de la cabine et s’entend demander : vous pouvez m’emmener  à la ville ? Mais oui, mon gars, pas de problème. Ta princesse t’attend ?

Lorsque les immeubles des grands ensembles apparaissent, Sylvestre a eu le temps de prendre un sommeil réparateur,  nécessaire à sa croissance.

Le camionneur le laisse au pied d’une tour éclairée comme un soir de Noël.

Avec assurance, il contrôle sa « feuille de route », l’écorce de bouleau aux signes cabalistiques ; 319 B, il appuie sur le code, la lourde porte s’ouvre. Il prend l’ascenseur : 3me étage, 4me porte à droite.Il s’avance dans le couloir. Il appuie sur la sonnette sous laquelle s’écrit en lettres d’or décorées de mille fleurs :Mademoiselle Princesse.

La porte s’ouvre :

-Et alors ?

-Sylvestre embrasse tendrement son double fille, aussi noire qu’il est blanc, il la dépasse juste de quelques centimètres…

Dans un coin de la pièce, une biquette en peluche blanche aux sabots recouverts de cuir, à la barbiche tremblotante leur sourit .

-C’est F.I.N.I ?-La carapace de tortue retournée leur servira de table pour leur réveillon de ce trente et un Décembre et un peu plus tard elle recevra le bébé café au lait …

(Suzanne)

 

 

 

 

 

 

Par atelier d'écriture clec toulouse
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