Notre atelier, le dernier avant Noël, a pour but aujourd’hui d’écrire le conte avec les éléments construits lors de l’atelier du 26 novembre…..
Mais Stéphanie ne laisse pas les participants écrire totalement à leur guise….comme à son habitude, elle leur donne de nombreuses contraintes…Au fur et à mesure de l’écriture, elle leur distribue des épreuves que le héros doit passer (dérober la formule aux trois secrets, traverser la mer de sable, etc…), puis, quelques minutes avant la fin du temps consacré à l’écriture, elle leur remet le lieu d’arrivée du héros.
Voici donc ces contes, qui ne sont pour la plupart qu’un premier jet. Les participants sont invités à retravailler leurs textes s’ils le désirent.
Il était une fois.....Tout bon conte débute ainsi.Donc,il était une fois une fillette qui s'ennuyait chez elle.C'était trés rarement que sa mère venait la border dans son lit,le soir;que papa la prenait dans ses bras pour la faire danser.Comme il sentait la vache,la sueur de toutes façons elle n'aimait pas beaucoup cela.Elle enviait ses amies,dont les parents sentaient bon,avaient une jolie voiture.Les siens étaient exploitants agricoles toujours affairés,toujours surchargés de travail.Leur univers se limitait(semblait) aux troupeaux de vaches,de moutons,à lélevage de volailles diverses ou de porcs;à la culture des champs....
Cette fillette,Pauline,donc s'ennuyait.Mais surtout ella avait peur.Peur des vaches avec leurs grosses cornes,des moutons avec leur bêlement idiot,du porc qui ronchonnait toujours,peur du bruit comme du silence,du soleil comme de la nuit,bref elle avait peur de tout.Elle pensait aussi que papa et maman ne l'aimaient pas,pour celà elle se montrait méchante avec eux,boudant souvent,sans tenir compte des yeux tristes que maman posait sur elle.
Or une nuit elle vit au pied de son lit une sorte de passage qui semblait s'ouvrir sur un monde merveilleux.Elle était à la fois terrifiée et curieuse d'aller voir,elle s'engagea donc timidement,fut tirée par une force et se retrouva dans le pays de nulle part.
Il faut que je te dise ,je suis désolé mais tu dois te purifier en restant trois jours sans boire ni manger ni dormir.
__Trois nuits sans manger?Mais je vais mourir de faim!Et j'ai déja sommeil!!
__Tu dois le faire,enfant.Tu peux le faire car tu es forte!
Le premier jour ce fut la faim qui domina;le deuxième une sorte d'engourdissement la saisit qui estompa sa faim mais qui rendait le manque de sommeil plus aigu.Enfin le troisième jour et la fin du supplice.Pauline était faible,ne gardait les yeux ouverts que par un effort de volonté.Elle croyait devenir folle!
Son tourmenteur revint:
__Ma parole,tu es encore debout?
__oh,si peu!!j'ai l'impression qu'un souffle me ferait tomber.
Attention fillette tu ne dois jamais prononcer le mot"blanc".Jamais!As-tu compris?
__Bien sur,je ferai attention.
Kiri semblait embarrassé:
__Tu as encore d'autres épreuves,ma pauvre enfant.
__Celà ne finira donc jamais?Que dois-je faire?
__Dérober la formule aux trois secrets.
__Pourquoi le ferai-je?
__D'abord pour pouvoir retrouver ton monde mais aussi te donner la preuve de ton courage!
__Bon.Allons-y.Où est cette formule?
__Viens.Je vais te montrer.
Il la mena dans une pièce sombre.Au milieu sur une imposante table de chêne,sous une cloche de cristal:un manuscrit richement enluminé .
__Celà à l'air facile!
__Oui, l'air seulement.Je ne veux pas te décourager.....mais tous ceux qui ont essayé ont échoué.
Que leur est-il arrivé?
__Ils ont disparu.Ils sont peut_être dans les limbes,ou je ne saie où.
Pauline s'approcha.Des gants étaient disposés :en cuir,en laine,ornés de rubis ou de diamants.
D'instinct l'enfant choisit le gant le moins beau,fait de laine grossière et rêche.
Le coeur battant elle souleva la cloche sans problème et la reposa délicatement à côté.Les mains tremblantes elle saisit le manuscrit,s'attendant au pire.Serrant le manuscrit contre son coeur elle se tourna vers l'elfe:
__J'ai l'impression que j'ai reussi!
__Bravo,mon enfant.Tu as compris que l'humilité était essentielle pour toucher impunément ce texte sacré.Remets le en place maintenant.
L'elfe était radieux.Son élève se montrait non seulement à la hauteur mai d'une incontestable force morale.
Avec un air attristé:
__J'ai encore une épreuve à te présenter.
__Allons-y!Je commence à avoir une habitude certaine. Quelle est cette épreuve,cette fois?
__Tout simplement....tuer un dragon.
__Tout simplement,bien sur!!Quoi de plus facile!Allons....
Kiri la conduisit dans une grotte glaciale et nauséabonde qui semblait être un charnier.Aux murs pendaient des stalactites de glace,d'énormes morceaux de glace jonchaient le sol.
Avec un grognement terrifiant la bête apparut.Pauline recula;la bête la fixait de ses yeux rouges.Ouvrant une gueule immense elle envoya une longue flamme.Pauline réflecissait à tout vitesse.Léquation était simple:dragon=feu;glace=froid
Les deux étant antagonistes ....je vais essayer.Pourvu que celà marche!!
Saisissant une grosse stalactite elle la jeta dans la gueule du monstre qui,surpris l'avala aussitôt.....et mourut
L'elfe sauta dans les bras de Pauline et l'embrassa:
__Tu as gagné!!Tu as gagné!!Allons voir une jolie maison dans les bois.
En effet une adorable petite maison de poupée était là,entourée de fleurs,au milieu de la fôret.Pauline y entra confiante.Kiri lui fit un petit signe d'adieu .C'était fini.Elle allait (peut-être)retrouver ses parents qui lui manquaient.Elle ressentait avec acuité cette absence! (Jean)
Voici le conte qu’avait écrit Jean, avec bien plus de temps…et sans toutes les contraintes…
Les gorges sont profondes et mystérieuses,le grondement d'une cascade se fait entendre.Ce pays est sauvage et triste.L'ennui semble suinter des parois chichement constellées de plantes aux couleurs comme voilées.Ou se trouve-t-il ce pays de sanglots?Nulle part sans doute.Seul un pin majestueux rompt la monotonie des lieux.Comment a-t-il pu naitre et croitre en ce lieu battu de vents sauvages?C'est le point que fixe l'enfant pour éviter de devenir fou dans cette ambiance de mort.En fait c'est surtout le silence qui l'effraie:pas de bruits d'animaux,pas de chants d'oiseaux ,rien qui puisse faire penser que la vie est là.Elle imagine un tombeau et les falaises le lui font penser:elles vont s'écraser sur moi,m'enserrer dans un baiser de mort pense-elle.
Pauline sursauta.Comme chaque fois rien n'avait,à priori,motivé cette peur!C'était ce pays de nulle part coincé entre demain et hier où tout était terne et triste.Seule sa robe orange faisait une tâche incongrue.Le flamboiement de ses cheveux roux illuminait son visage d'enfant.Elle était seule.Ou était maman?De lourds sanglots montaient de sa gorge et l'eau qui coulait de ses yeux verts semblait faite de diamants.Elle avait peur.Chaque bruit un peu insolite,chaque mouvement inattendu lui faisaient peur.Le pouce dans la bouche elle crait"maman!maman!"mais seul le silence lui répondait.Que faisait-elle dans ce pays?Pourquoi seule?Ou était maman si douce et papa si fort?
Elle renifla et se mit en route prenant une direction au hasard.Ses pieds chaussés de sandales légères commençaient à lui faire mal.Elle avait faim et soif."maman pourquoi m'as-tu abandonnée?"
Voiçi un arbre un peu rachitique mais son ombre parcimonieuse sera la bienvenue.Sitôt assise elle se déchaussa et massa ses pieds endoloris .Sur l'herbe presque noire la couleur de sa robe était comme un rayon de soleil.Une fleur ,à cote d'elle la tentait.Elle allait la cueillir puis se ravisa.Heureusement,car à cet instant précis elle éclata en projetant des boules noires et visqueuses répandant une odeur putride.
L'enfant ferma les yeux.Elle était fatiguée,épuisée même mais sentait confusément qu l'épreuve n'était pas finie,qu'elle ne reverrait pas sa mère avant longtemps.Elle dormait,son sommeil peuplé de cauchemars où elle voyait un sorcier qui...........
Qui la réveilla d'une bourrade brutale.Et elle le vit,le sorcier qui hantait son sommeil!C'était d'abord une sensation de froid intense,physique et psychlogique qui suintait de l'être ainsi que la méchanceté.Ses yeux jaune pâle ne cillaient jamais,faisant penser à des yeux de serpent.Trés grand,d'une effrayante maigreur,il la regardait.Il sourit ou plutot sa bouche s'étira en un rictus qui découvrit ses dents jaunes et acérées.Ce n'était pas un sourire mais la satisfaction du bourreau devant sa victime impuissante.
__Qui es-tu?
sa voix semblait faite de pointes acérées(rouillées pensa Pauline)
__Mon nom est Pauline.Et toi?demanda-t-elle avec l'espoir de l'amadouer.
Le sorcier éclata d'un rire qui faisait penser au grincement d'un rouage mal huilé:
__Qui suis-je?Tu le sauras toujours assez tôt mais je vais te le dire:je suis "l'arrache-coeur" .ça te va?Que viens-tu faire ?
__Je veux retrouver maman.
__Pour celà il te faut aller dans le pays inconnu.Içi tu es dans le pays de nulle part qui est mon royaume.
__S'il te plait dis moi comment y aller!
Le sorcier plia ses longues jambes pour se mettre au niveau de l'enfant en lui soufflant une haleine glacée et malodorante.
__Tu dois d'abord accepter une épreuve.
__Je pense que je ne peux pas dire non!Alors j'accepte.
__Bien.Tu es courageuse.
Il fit un geste,créant un cocon qui emprisonnait un enfant.
Pauline eut un hoquet effrayé.C'était elle à l'intérieur!
__Tu dois extraire ton imago pour pouvoir continuer ton voyage.Mais comme celà te serait trop facile j'ajoute.............
Le cocon se remplit de lames acérées.
L'enfant était terrorisée .Avec un gémissement elle enfonça ses bras à travers l'acier qui déchirait sa chair tendre,saisit l'imago et la serra sur son coeur.
Les plaies sanglante disparurent aussitôt.
L'arrache coeur était médusé.Elle avait reussi!!Il était pris à son propre piège!Il était obligé de l'aider à passer de l'autre côté du miroir,dans le paus inconnu.
__Adieu petite.Va où te mène ton courage............
Elle se retrouva dans une vallée luxuriante qui offrait à la vue la vision des monts qui l'enserraient voluptueusement.Le miroitement d'une cascade créait un arc-en-ciel irisé en répandant une douce fraicheur.
A l'orée de la fôret une biche suivie de son faon.Ses yeux de velours caressent le paysage et son museau bouge doucement en se gorgeant des effluves champètres.Les collines sont ourlées de pins ,leurs flancs protégés par un foisonnement de chènes-lièges.Tout respire la paix,la douceur,un peu comme aux temps bibliques où l'harmonie régnait sur notre belle terre.
__Que c'est beau,pensa Pauline.Mais attendons la suite.....
Qui vint rapidement.Car un rire étouffé venait d'un buisson.
__Montre toi,au lieu de rire bêtement!!
Un petit homme écarta les branches:guère plus grand qu'un enfant,une barbe abondante entourant son visage poupin,il sautillait sur place en continuant à rire .
__Salut petite.Je m'appelle Kiri car je ris tout le temps.J'aime beaucoup aider les gens sympathiques comme toi.D'où viens tu?raconte.
__Moi c'est Pauline.Ma maman m'a abandonnée dans un pays affreux où tout est laid et triste.L'Arracheur de coeur m'a permis de passer dans ton pays.Il est si beau!!On à envie d'y vivre mais je voudrais retrouver ma maman,elle me manque.
Et un gros soupir franchit ses lêvres.
__Tu le reverras ,je t'aiderai Pauline,Paulinette Pauline papillon.Mais peut-être as tu faim ou soif?
Se rendant compte que son estomac protestait depuis longtemps et que sa langue était sèche comme un bout de journal:
Oh oui je veux bien!!Tu es gentil.
Trottinant sur ses courtes jambes Kiri la conduisit dans une clairière où se dressait une maison coiffée de chaume.
__On dirait la maison de blanche-neige!
__En fait elle ressemble à l'idée que tu en as.C'est toi qui l'as crée à ton gout.
Apres avoir bû et mangé une nourriture délicieuse elle demanda la permission de dormir,ce qui luifut accordé bien volontiers.
A son réveil Kiri était à ses côtés.
Tu sais j'ai trouvé le moyen de te faire revenir chez toi et retrouver tes parents.Mais tu dois satisfaire à une épreuve.Je n'y peux rien,tu es dans le royaume des elfes.
__Ne t'inquiète pas j'ai l'habitude des épreuves,la tienne ne peut être pire que celle de l'autre monde.Je suis prête.
Aussitôt une armée de souris l'entoura,la submergea,courant sur ses bras,ses jambes,sa tête,s'insinuant sous ses vêtements.L'héroïne résistait stoïquement à la panique.
Elle constatait un curieux phénomène:La pièce grandissait,grandissait.Elle était effrayée puis se rendit compte que c'était elle qui rapetissait;ce qui n'était guère plus rassurant.
Emportée par la vague des rongeurs,elle fut abandonnée subitement.Elle se trouvait dans une grande pièce nue,au centre une table avec comme seul objet une timbale en argent.
Une voix venue de nulle part:
__Bienvenue à toi,courageuse enfant.Je suis le roi des elfes.Rien ne s'oppose plus à ton retour.Prends cette timbale magique,tu l'as bien gagnée.Sache cependant que ce qui te paraissait anormal,pesant était une façon de te préparer à la vie avec ce qu'elle a de désagréable.Tu trouvais te parents frustes parcequ'ils étaient durs au travail et qu'ils ne te consacraient le temps qui te semblait dû.Si ta mère ne venait pas te border dans ton lit c'est que elle tenait la maison en ordre,préparait les repas.Elle passait ses nuits à coudre pour que tu sois toujours pimpante et jolie.Et tu disais"elle ne m'aime pas".Mon papa ne me prend pas sus ses genoux:il ne m'aime pas!
Mais as-tu remarqué qu'il se levait avant l'aube pour labourer,semer,planter,amener le troupeau au paturage?Les fruits que tu mangeais,c'était lui;le pain c'était le blé de sa récolte .Il était trop fatigué pour jouer avec toi,mais il t'aimait et voulait te donner tout le confort que lui n'a jamais eu étant enfant.Pense à tout celà,fillette.A toi de gérer le cadeau des elfes.Adieu.
Assise sur l'herbe verte,ces vérités qui lui avaient été assenées résonnaient encore dans sa tête.Elle sourit:dans le pré maman étendait une pauvre lessive.Plus loin,papa éparpillait le fumier qui allait fortifier sa terre .
De grosses larmes coulaient de ses yeux,mas c'étaient des larmes de joie."Papa,maman comme je vous aime!comme je regrette mes soupçons."
Elle se leve et ,en courant se jeta avec un cri de joie dans les bras de sa mère qui,surprise et heureuse ,la couvrit de baisers.Son père lui fit un grand bonjour de la main en lui adressant un sourire si doux ,si tendre qu'elle en eût le coeur empli de lumière.
Le soir aprés le repas frugal elle leur montra la timbale magique offerte par les elfes qui reproduisait à profusion ce que l'on y mettait.De ce jour la ferme produisit les fruits les plus juteux,les plus beaux légumes.De temps à autre la timbale était sollicitée pour un peu d'argent.
Mais surtout elee produisait beaucoup d'amour.Tous les jours.