Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 20:52

Notre atelier, le dernier avant Noël, a pour but aujourd’hui d’écrire le conte avec les éléments construits lors de l’atelier du 26 novembre…..

Mais Stéphanie ne laisse pas les participants écrire totalement à leur guise….comme à son habitude, elle leur donne de nombreuses contraintes…Au fur et à mesure de l’écriture, elle leur distribue des épreuves que le héros doit passer (dérober la formule aux trois secrets, traverser la mer de sable, etc…), puis, quelques minutes avant la fin du temps consacré à l’écriture, elle leur remet le lieu d’arrivée du héros.

 

Voici donc ces contes, qui ne sont pour la plupart qu’un premier jet. Les participants sont invités à retravailler leurs textes s’ils le désirent.

 

Il était une fois.....Tout bon conte débute ainsi.Donc,il était une fois une fillette qui s'ennuyait chez elle.C'était trés rarement que sa mère venait la border dans son lit,le soir;que papa la prenait dans ses bras pour la faire danser.Comme il sentait la vache,la sueur de toutes façons elle n'aimait pas beaucoup cela.Elle enviait ses amies,dont les parents sentaient bon,avaient une jolie voiture.Les siens étaient exploitants agricoles toujours affairés,toujours surchargés de travail.Leur univers se limitait(semblait) aux troupeaux de vaches,de moutons,à lélevage de volailles diverses ou de porcs;à la culture des champs....

Cette fillette,Pauline,donc s'ennuyait.Mais surtout ella avait peur.Peur des vaches avec leurs grosses cornes,des moutons avec leur bêlement idiot,du porc qui ronchonnait toujours,peur du bruit comme du silence,du soleil comme de la nuit,bref elle avait peur de tout.Elle pensait aussi que papa et maman ne l'aimaient pas,pour celà elle se montrait méchante avec eux,boudant souvent,sans tenir compte des yeux tristes que maman posait sur elle.

Or une nuit elle vit au pied de son lit une sorte de passage qui semblait s'ouvrir sur un monde merveilleux.Elle était à la fois terrifiée et curieuse d'aller voir,elle s'engagea donc timidement,fut tirée par une force et se retrouva dans le pays de nulle part.

Il faut que je te dise ,je suis désolé mais tu dois te purifier en restant trois jours sans boire ni manger ni dormir.

__Trois nuits sans manger?Mais je vais mourir de faim!Et j'ai déja sommeil!!

__Tu dois le faire,enfant.Tu peux le faire car tu es forte!

Le premier jour ce fut la faim qui domina;le deuxième une sorte d'engourdissement la saisit qui estompa sa faim mais qui rendait le manque de sommeil plus aigu.Enfin le troisième jour et la fin du supplice.Pauline était faible,ne gardait les yeux ouverts que par un effort de volonté.Elle croyait devenir folle!

Son tourmenteur revint:

__Ma parole,tu es encore debout?

__oh,si peu!!j'ai l'impression qu'un souffle me ferait tomber.

Attention fillette tu ne dois jamais prononcer le mot"blanc".Jamais!As-tu compris?

__Bien sur,je ferai attention.

Kiri semblait embarrassé:

__Tu as encore d'autres épreuves,ma pauvre enfant.

__Celà ne finira donc jamais?Que dois-je faire?

__Dérober la formule aux trois secrets.

__Pourquoi le ferai-je?

__D'abord pour pouvoir retrouver ton monde mais aussi te donner la preuve de ton courage!

__Bon.Allons-y.Où est cette formule?

__Viens.Je vais te montrer.

Il la mena dans une pièce sombre.Au milieu sur une imposante table de chêne,sous une cloche de cristal:un manuscrit richement enluminé .

__Celà à l'air facile!

__Oui, l'air seulement.Je ne veux pas te décourager.....mais tous ceux qui ont essayé ont échoué.

Que leur est-il arrivé?

__Ils ont disparu.Ils sont peut_être dans les limbes,ou je ne saie où.

Pauline s'approcha.Des gants étaient disposés :en cuir,en laine,ornés de rubis ou de diamants.

D'instinct l'enfant choisit le gant le moins beau,fait de laine grossière et rêche.

Le coeur battant elle souleva la cloche sans problème et la reposa délicatement à côté.Les mains tremblantes elle saisit le manuscrit,s'attendant au pire.Serrant le manuscrit contre son coeur elle se tourna vers l'elfe:

__J'ai l'impression que j'ai reussi!

__Bravo,mon enfant.Tu as compris que l'humilité était essentielle pour toucher impunément ce texte sacré.Remets le en place maintenant.

L'elfe était radieux.Son élève se montrait non seulement à la hauteur mai d'une incontestable force morale.

Avec un air attristé:

__J'ai encore une épreuve à te présenter.

__Allons-y!Je commence à avoir une habitude certaine. Quelle est cette épreuve,cette fois?

__Tout simplement....tuer un dragon.

__Tout simplement,bien sur!!Quoi de plus facile!Allons....

Kiri la conduisit dans une grotte glaciale et nauséabonde qui semblait être un charnier.Aux murs pendaient des stalactites de glace,d'énormes morceaux de glace jonchaient le sol.

Avec un grognement terrifiant la bête apparut.Pauline recula;la bête la fixait de ses yeux rouges.Ouvrant une gueule immense elle envoya une longue flamme.Pauline réflecissait à tout vitesse.Léquation était simple:dragon=feu;glace=froid

Les deux étant antagonistes ....je vais essayer.Pourvu que celà marche!!

Saisissant une grosse stalactite elle la jeta dans la gueule du monstre qui,surpris l'avala aussitôt.....et mourut

L'elfe sauta dans les bras de Pauline et l'embrassa:

__Tu as gagné!!Tu as gagné!!Allons voir une jolie maison dans les bois.

En effet une adorable petite maison de poupée était là,entourée de fleurs,au milieu de la fôret.Pauline y entra confiante.Kiri lui fit un petit signe d'adieu .C'était fini.Elle allait (peut-être)retrouver ses parents qui lui manquaient.Elle ressentait avec acuité cette absence! (Jean)

 

Voici le conte qu’avait écrit Jean, avec bien plus de temps…et sans toutes les contraintes

Les gorges sont profondes et mystérieuses,le grondement d'une cascade se fait entendre.Ce pays est sauvage et triste.L'ennui semble suinter des parois chichement constellées de plantes aux couleurs comme voilées.Ou se trouve-t-il ce pays de sanglots?Nulle part sans doute.Seul un pin majestueux rompt la monotonie des lieux.Comment a-t-il pu naitre et croitre en ce lieu battu de vents sauvages?C'est le point que fixe l'enfant pour éviter de devenir fou dans cette ambiance de mort.En fait c'est surtout le  silence qui l'effraie:pas de bruits d'animaux,pas de chants d'oiseaux ,rien qui puisse faire penser que la vie est là.Elle imagine un tombeau et les falaises le lui font penser:elles vont s'écraser sur moi,m'enserrer dans un baiser de mort pense-elle.

Pauline sursauta.Comme chaque fois rien n'avait,à priori,motivé cette peur!C'était ce pays de nulle part coincé entre demain et hier où tout était terne et triste.Seule sa robe orange faisait une tâche incongrue.Le flamboiement de ses cheveux roux illuminait son visage d'enfant.Elle était seule.Ou était maman?De lourds sanglots montaient de sa gorge et l'eau qui coulait de ses yeux verts semblait faite de diamants.Elle avait peur.Chaque bruit un peu insolite,chaque mouvement inattendu lui faisaient peur.Le pouce dans la bouche elle crait"maman!maman!"mais seul le silence lui répondait.Que faisait-elle dans ce pays?Pourquoi seule?Ou était maman si douce et papa si fort?

Elle renifla et se mit en route prenant une direction  au hasard.Ses pieds chaussés de sandales légères commençaient à lui faire mal.Elle avait faim et soif."maman pourquoi m'as-tu abandonnée?"

Voiçi un arbre un peu rachitique mais son ombre parcimonieuse sera la bienvenue.Sitôt assise elle se déchaussa et massa ses pieds endoloris .Sur l'herbe presque noire la couleur de sa robe était comme un rayon de soleil.Une fleur ,à cote d'elle la tentait.Elle allait la cueillir puis se ravisa.Heureusement,car à cet instant précis elle éclata en projetant des boules noires et visqueuses répandant une odeur putride.

L'enfant ferma les yeux.Elle était fatiguée,épuisée même mais sentait confusément qu l'épreuve n'était pas finie,qu'elle ne reverrait pas sa mère avant longtemps.Elle dormait,son sommeil peuplé de cauchemars où elle voyait un sorcier qui...........

Qui la réveilla d'une bourrade brutale.Et elle le vit,le sorcier qui hantait son sommeil!C'était d'abord une sensation de froid intense,physique et psychlogique qui suintait de l'être ainsi que la méchanceté.Ses yeux jaune pâle ne cillaient jamais,faisant penser à des yeux de serpent.Trés grand,d'une effrayante maigreur,il la regardait.Il sourit ou plutot sa bouche s'étira en un rictus qui découvrit ses dents jaunes et acérées.Ce n'était pas un sourire mais la satisfaction du bourreau devant sa victime impuissante.

__Qui es-tu?

sa voix semblait faite de pointes acérées(rouillées pensa Pauline)

__Mon nom est Pauline.Et toi?demanda-t-elle avec l'espoir de l'amadouer.

Le sorcier éclata d'un rire qui faisait penser au grincement d'un rouage mal huilé:

__Qui suis-je?Tu le sauras toujours assez tôt mais je vais te le dire:je suis "l'arrache-coeur" .ça te va?Que viens-tu faire ?

__Je veux retrouver maman.

__Pour celà il te faut aller dans le pays inconnu.Içi tu es dans le pays de nulle part qui est mon royaume.

__S'il te plait dis moi comment y aller!

Le sorcier plia ses longues jambes pour se mettre au niveau de l'enfant en lui soufflant une haleine glacée et malodorante.

__Tu dois d'abord accepter une épreuve.

__Je pense que je ne peux pas dire non!Alors j'accepte.

__Bien.Tu es courageuse.

Il fit un geste,créant un cocon qui emprisonnait un enfant.

Pauline eut un hoquet effrayé.C'était elle à l'intérieur!

__Tu dois extraire ton imago pour pouvoir continuer ton voyage.Mais comme celà te serait trop facile j'ajoute.............

Le cocon se remplit de lames acérées.

L'enfant était terrorisée .Avec un gémissement elle enfonça ses bras à travers l'acier qui déchirait sa chair tendre,saisit l'imago et la serra sur son coeur.

Les plaies sanglante disparurent aussitôt.

L'arrache coeur était médusé.Elle avait reussi!!Il était pris à son propre piège!Il était obligé de l'aider à passer de l'autre côté du miroir,dans le paus inconnu.

__Adieu petite.Va où te mène ton courage............

Elle se retrouva dans une vallée luxuriante qui offrait à la vue la vision des monts qui l'enserraient voluptueusement.Le miroitement d'une cascade créait un arc-en-ciel irisé en répandant une douce fraicheur.

A l'orée de la fôret une biche suivie de son faon.Ses yeux de velours caressent le paysage et son museau bouge doucement en se gorgeant des effluves champètres.Les collines sont ourlées de pins ,leurs flancs protégés par un foisonnement de chènes-lièges.Tout respire la paix,la douceur,un peu comme aux temps bibliques où l'harmonie régnait sur notre belle terre.

__Que c'est beau,pensa Pauline.Mais attendons la suite.....

Qui vint rapidement.Car un rire étouffé venait d'un buisson.

__Montre toi,au lieu de rire bêtement!!

Un petit homme écarta les branches:guère plus grand qu'un enfant,une barbe abondante entourant son visage poupin,il sautillait sur place en continuant à rire .

__Salut petite.Je m'appelle Kiri car je ris tout le temps.J'aime beaucoup aider les gens sympathiques comme toi.D'où viens tu?raconte.

__Moi c'est Pauline.Ma maman m'a abandonnée dans un pays affreux où tout est laid et triste.L'Arracheur de coeur m'a permis de passer dans ton pays.Il est si beau!!On à envie d'y vivre mais je voudrais retrouver ma maman,elle me manque.

Et un gros soupir franchit ses lêvres.

__Tu le reverras ,je t'aiderai Pauline,Paulinette Pauline papillon.Mais peut-être as tu faim ou soif?

Se rendant compte que son estomac protestait depuis longtemps et que sa langue était sèche comme un bout de journal:

Oh oui je veux bien!!Tu es gentil.

Trottinant sur ses courtes jambes Kiri la conduisit dans une clairière où se dressait une maison coiffée de chaume.

__On dirait la maison de blanche-neige!

__En fait elle ressemble à l'idée que tu en as.C'est toi qui l'as crée à ton gout.

Apres avoir bû et mangé une nourriture délicieuse elle demanda la permission de dormir,ce qui luifut accordé bien volontiers.

A son réveil Kiri était à ses côtés.

Tu sais j'ai trouvé le moyen de te faire revenir chez toi et retrouver tes parents.Mais tu dois satisfaire à une épreuve.Je n'y peux rien,tu es dans le royaume des elfes.

__Ne t'inquiète  pas j'ai l'habitude des épreuves,la tienne ne peut être pire que celle de l'autre monde.Je suis prête.

Aussitôt une armée de souris l'entoura,la submergea,courant sur ses bras,ses jambes,sa tête,s'insinuant sous ses vêtements.L'héroïne résistait stoïquement à la panique.

Elle constatait un curieux phénomène:La pièce grandissait,grandissait.Elle était effrayée puis se rendit compte que c'était elle qui rapetissait;ce qui n'était guère plus rassurant.

Emportée par la vague des rongeurs,elle fut abandonnée subitement.Elle se trouvait dans une grande pièce nue,au centre une table avec comme seul objet une timbale en argent.

Une voix venue de nulle part:

__Bienvenue à toi,courageuse enfant.Je suis le roi des elfes.Rien ne s'oppose plus à ton retour.Prends cette timbale magique,tu l'as bien gagnée.Sache cependant que ce qui te paraissait anormal,pesant était une façon de te préparer à la vie avec ce qu'elle a de désagréable.Tu trouvais te parents frustes parcequ'ils étaient durs au travail et qu'ils ne te consacraient le temps qui te semblait dû.Si ta mère ne venait pas te border dans ton lit c'est que elle tenait la maison en ordre,préparait les repas.Elle passait ses nuits à coudre pour que tu sois toujours pimpante et jolie.Et tu disais"elle ne m'aime pas".Mon papa ne me prend pas sus ses genoux:il ne m'aime pas!

 

Mais as-tu remarqué qu'il se levait avant l'aube pour labourer,semer,planter,amener le troupeau au paturage?Les fruits que tu mangeais,c'était lui;le pain c'était le blé de sa récolte .Il était trop fatigué pour jouer avec toi,mais il t'aimait et voulait te donner tout le confort que lui n'a jamais eu  étant enfant.Pense à tout celà,fillette.A toi de gérer le cadeau des elfes.Adieu.

Assise sur l'herbe verte,ces vérités qui lui avaient été assenées résonnaient encore dans sa tête.Elle sourit:dans le pré maman étendait une pauvre lessive.Plus loin,papa éparpillait le fumier qui allait fortifier sa terre .

De grosses larmes coulaient de ses yeux,mas c'étaient des larmes de joie."Papa,maman comme je vous aime!comme je regrette mes soupçons."

Elle se leve et ,en courant se jeta avec un cri de joie dans les bras de sa mère qui,surprise et heureuse ,la couvrit de baisers.Son père lui fit un grand bonjour de la main en lui adressant un sourire si doux ,si tendre qu'elle en eût le coeur empli de lumière.

Le soir aprés le repas frugal elle leur montra la timbale magique offerte par les elfes  qui reproduisait à profusion ce que l'on y mettait.De ce jour la ferme produisit les fruits les plus juteux,les plus beaux légumes.De temps à autre la timbale était sollicitée pour un peu d'argent.

Mais surtout elee produisait beaucoup d'amour.Tous les jours.

 

 

 

Par atelier d'écriture clec toulouse
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 18:36

Nous avons comme à notre habitude commencé l’atelier par un petit cadavre exquis (CCL/sujet/V/COD/CCT)

 

Dans la forêt le petit prince vérifiait les bougies de son septième anniversaire autrefois

 

Au carrefour des quatre chemins le corbeau rassemblait les poules rousses à l’automne passé

 

Dans le métro le vent fou chantait les fillettes hier

 

Dans la plaine le comte recevait les places assises au quatrième top de l’horloge universelle

 

Dans la cave de Reims le contrôleur soufflait des chansons le jour de la naissance de Jésus

 

 

Puis en présence d’Annie, Suzanne, Laurence, René et Jean, notre atelier a vraiment démarré .

 

Le but  de cette séance et de la suivante ? Écrire un conte…..mais avec de nombreuses, très nombreuses contraintes…….tout est imposé ou presque !!!!

 

Nous avons donc commencé par poser le décor : les lieux,  le héros, les éléments magiques, les adjuvants et opposants..

 

 

Le pays de nulle part (là où vit le héros)

 

Les gorges sont profondes et mystérieuses, le grondement d'une cascade se fait entendre. Le pays est sauvage, triste. L'ennui semble suinter des parois chichement constellées de plantes aux couleurs comme voilées. Où se trouve-t-il ce pays de sanglots?Nulle part , peut-être. Seul un pin noir rompt la monotonie des lieux. Comment a-t-il pu naître et croître en ces lieux battus de vents sauvages. C'est le point que fixe l'enfant pour éviter de devenir fou dans cette ambiance de mort. En fait c'est surtout le silence qui l'effraye:pas de bruit d'animaux, pas de chant d'oiseau, rien qui puisse faire penser que la vie est là. Elle imagine un tombeau et les falaises le  lui font croire  .Elles vont s'écraser sur moi, m'enserrer dans un baiser de mort.(jean)

 

Une tiédeur automnale, une lumière vespérale aux tons laiteux, une forêt de bouleaux aux branches frissonnantes, de la mousse au bord du ruisseau murmurant, les teintes pastel d’un ciel aperçu au-dessus des frondaisons, un trou de lapin sous un rocher recouvert de champignons. Plus loin, pas de campagne, pas de route, un moutonnement de « plages colorées ». Un bouillonnement de source d’eau chaude dans la clairière de sable fin .(suzanne)

 

Une prairie en plein été où des bleuets, des coquelicots s'épanouissent

dans la clarté du matin. Le soir lumineux, frais, invite à la réflexion.

Alentour, les bruissements d'insectes, les chants des oiseaux peuplent

cet univers qui vous enveloppent de leur mélodie et vous appellent à

savourer toutes leurs nuances.(Annie)

 

les montagnes de cendre bourrue s’estompent dans les vapeurs psychédéliques déposées par les nébuleuses vertes.

Des puces d’or de quelques microns côtoient les fabuleuses constellations de Protos et d’Aramède.

Des colonnes de porphyre jalonnent les sentiers de brouillard. Du silence laiteux s’échappent les gouttes qui tintinnabulent dans les tympans de la brume. De suaves fragrances s’exhalent des trous de vent. Elles s’envolent dans les vapeurs sucrées, salées, âpres ou âcres suivant qu’elles prennent la direction du levant, du ponant, du nadir ou du zénith.

Le vide est partout et nulle part dans toute sa plénitude, compact et étendu, pesant et léger. 

Tels des électrons libres, des elfes sulfureux tournoient sans fin autour des trous de vent.

L’espace-temps n’existe pas encore.(Laurence)

 

 

 

 

 Le héros part de ce lieu et traverse un pays inconnu :

 Un froid polaire, une lumière de l’aube éblouissante de rouges orangés, une plaine sans arbre où tout est figé, pas d’eau, pas de végétaux, pas de minéraux, aucun son, un ciel menaçant d’orage,  aucun abri, des routes qui s’entrecroisent et se superposent, la platitude d’une terre de tourbe spongieuse où on s’enfonce, des immeubles vertigineux le long de l’asphalte. (Suzanne)

 

La vallée luxuriante offrait à la vue la magnifique vision des monts enneigés qui l'enserraient voluptueusement. Le miroitement d'une cascade créait un arc-en-ciel irisé. Il est beau ce pays inconnu. A l'orée de la foret une biche suivie de son faon. Ses yeux de velours caressent le paysage et son museau bouge doucement en se gorgeant des effluves sauvages .Les collines sont ourlées de pins, leurs flancs protégés par un foisonnement de chênes-liège. Tout respire la paix ,la douceur, un peu comme aux temps bibliques où l'harmonie régnait sur notre pauvre terre.(Jean)

 

Un désert en toute saison où vous êtes entouré de sable sans

qu'aucune frontière n'apparaisse nulle part. Un silence profond

habite cet immense espace inhabité et aucune âme ne la

traverse qu'elle soit humaine ou animale. Quel devenir pour celui

qui tenterait de s'y aventurer.(Annie)

 

C’est un pays aux antipodes du pays de nulle part.

Dans les plaines luxuriantes parsemées de galets de granit rose soupirent de timides améthystes, cachées sous de gargantuesques plantes tachetées de microscopiques taches rouges.

D’immenses portes de titane ferment l’horizon rougeoyant.

Des boules de pinèdes chapotent des rivières de métal irisé. Dans la fusion de leurs embruns, les mers cuivrées s’engouffrent au fond des vallées minérales.

Tout est plein, plein de lumière, plein de tintamarre et de bonbons acidulés.

Ici, tout est fixe. Il est éternellement midi. Rien ne vole. La plaine retient en son sein tout ce qui passe et roule sur son tapis de ronces douces mais carnivores. Et dans cette immensité, pas un chat (Laurence)

 

 

 

 

Le héros

 

L’enfant qui ne voulait pas grandir (Suzanne)

 

né d’un couple de charbonniers âgés.  Arrivé à sept ans dans une atmosphère chaleureuse, n’a jamais eu faim ni froid, son environnement lui a permis de rêver, il s’est habillé et paré d’objets végétaux, il a joué avec les habitants de la forêt où il est né (C’est l’enfant qui ne veut pas grandir). Il a dormi dans le même petit lit depuis sa naissance en s’y recroquevillant à chaque poussée de croissance. Il est bien, ne connaît aucun malheur, n’a connaissance que de ses parents vieillissants. Il a une bonne bouille aux joues roses, des cheveux châtains longs et frisés, de minuscules pieds et mains, harmonieux, délicats de petitesse. Il gazouille et émet seulement des chants délicieux car ses parents le comprennent sans qu’il parle. Il s’accompagne d’une flûte confectionnée dans une branche de bouleaux. Il est dégourdi et sait faire rôtir les champignons à la braise du foyer de ses parents. Ses jouets, il les fabrique et sait faire tourner un moulin sur l’eau, échafauder un petit bûcher où il se juche pour mieux voir le ciel. Il sait distinguer les bons fruits et ne touche pas les plantes vénéneuses.

Il est bien Sylvestre et ne sent pas en lui le désir de pousser plus haut que les 1,10 m environ qu’il a atteints le jour de ses sept ans. Ce que ses parents ont contrôlé sur le montant de la porte et qu’ils inscrivent à chacun de ses anniversaires.

Comme ça il peut encore sauter dans les bras de sa mère et s’asseoir sur les genoux de son père.

 

 

La petite fille qui avait peur de son ombre (jean) :

 

Pauline sursauta. Comme chaque fois rien n'avait, à priori, motivé cette peur. C'était ce pays de nulle part coincé entre demain et hier où tout était triste et laid. Seule sa robe orange faisait une tâche de couleur que l'on pourrait dire incongrue.  Le flamboiement de ses cheveux roux illuminait son doux visage d'enfant. Elle était seule. Où était maman?Des sanglots montaient à sa gorge et l'eau qui coulait de ses yeux verts semblait faite de diamants. Elle avait peur. Chaque bruit un peu insolite ,chaque mouvement inattendu la faisait tressaillir. Le pouce dans la bouche elle criait"maman!,maman"mais seul le silence lui répondait. Que faisait-elle en ces lieux?Pourquoi seule?Où était maman si douce et papa si fort?Elle renifla et se mit en route en prenant une direction au hasard. Ses pieds chaussés de légères sandales commençaient à lui faire mal, elle avait faim et soif."maman pourquoi m'as tu abandonnée?

Voici un gros arbre son ombre sera la bienvenue. Sitôt assise elle se déchaussa et massa ses pieds endoloris. Sur l'herbe presque noire la couleur de sa robe était comme un éclat de soleil. Une fleur à coté d'elle la tentait;elle allait la cueillir puis se ravisa, heureusement car à cet instant précis elle éclata en projetant des boules noires et visqueuses répandant une odeur putride.

 

Un garçon qui avait toujours faim (Annie)

 

PEPINO le dernier d'une fratrie de dix enfants, lui-même âgé de

sept ans, se déplaçait dans ce pays enchanteur de nulle part à la

recherche de subsides pour lui-même et tous les siens. Malheureusement

la chance ne le favorisait pas, la traversée de ce pays ne lui apportait

que désillusions et amertume, la faim le tenaillant du matin jusqu'au soir.

La mélodie du chant des oiseaux, des insectes, rien de concret tout

cela.PEPINO restait toujours sur sa faim. Pas de place pour la rêverie ;

les matins, les soirs, tous ce moments se ressemblent pour lui.

Les jours passent sans qu'une quelconque subsistance lui apparaisse

pour combler sa faim et surtout celle de tous les siens. Il y a donc lieu

pour lui de réfléchir à un stratège pour s'en sortir;

 

La petite chatte blanche ensorcelée (Laurence)

 

Elle est petiote, si petitoune qu’elle passe presque inaperçue au milieu des puces d’or de quelques microns, ses amies de toujours.

Mais coquin de sort, quand elle est en colère, elle a de la voix ! une voix rauque et sauvage qui la ferait passer pour un ogre des montagnes de cendre bourrue si on ne la connaissait pas.

Elle est blanche, blanche comme les colonnes de porphyre sur lesquelles elle se frotte langoureusement ou qu’elle escalade indéfiniment pour aller chercher en son sommet, sa nourriture préférée : le poisson argenté.

Son poil angora s’envole de colonne en colonne, tissant de fils d’Ariane un voluptueux filet qui lui permet de passer d’un pilier à l’autre et qui lui sert aussi de trempolino, jeu-sport qu’elle pratique en compagnie des puces d’or.

Ses yeux de jade brillant de malice se ternissent lorsque Grand-mère Noirâtre la réprimande.

Elle est agile, friponne, ô combien leste et précise dans tous ses gestes. Ses petits bonds félins sont calculés avec la précision d’une courbe de Gosse-Minet.

Mais pourquoi est-elle si petite et si blanche ? C’est une longue histoire qui prit naissance dans sa prime enfance lorsque Grand-Mère Noirâtre décida de rejoindre à jamais les vapeurs des nébuleuses vertes. Mais avant elle devait désigner celle qui lui succèderait dans la gouvernance de la montagne de cendre bourrue. De ses deux petites filles, elle choisit l’aînée, ôtant toute valeur à la cadette qui fut réduite à l’état de microbe des neiges et obligée d’errer dans le pays de nulle part à la recherche de la Chose qui la sauverait de sa condition de petite chatte blanche ensorcelée. À chaque tache faite sur son pelage, sa taille se réduisait un peu plus. Elle devait donc veiller à rester blanche comme neige sinon…

 

 

 

 

            

L’objet magique que le héros pourra utiliser trois fois :

 

La timbale.(Jean)

 

La timbale d'argent brillait doucement sur la table, une sorte de brume chatoyante en sortait en faisant un petit nuage. Une mouche, curieuse, se posa sur son bord;il y eut un petit éclair et voilà notre miche qui grossit, grossit, devient énorme...........

et éclate dans un bruit sec. Elle fait donc grossir les êtres vivants, mais encore?

 

C’est une carapace de tortue (Suzanne)qui lui servira de tapis volant et le transportera sans encombre en tout lieu.

 

Anneau d'or (Annie)

Il rayonne de tout son éclat autour d'un doigt, dans un écrin, au bout

d'une chaîne....Invisible dans les mains du génie il est nanti de maints

pouvoirs

 

parfum enchanteur (Laurence)

 

C’est un génie de parfum, fumée doucereusement odorante enfermée dans un brumisateur et qui, diffusée au dessus d’un objet ou d’une personne va les faire grandir jusqu’à dix fois leur taille. Si une plante tachetée est trempée dans le brumisateur entrant en contact avec le parfum enchanteur, et que cette plante est appliquée sur une chose ou une personne, la puissance de grossissement  de 10 est multipliée par elle-même lors de chaque application.

 

 

 

La rencontre maléfique :

Le lutin des ténèbres.(Suzanne) Il peut éteindre le feu et faire venir la glace, enfouir tout être vivant dans la terre, arrêter le jour et faire venir l’obscurité.

 

Le lutin des ténèbres (annie)

 

le vieil homme (Laurence)

 Du haut de ses neuf mètres, claudiquant, ahanant en traînant ses 250 kilos de graisse et d’os, il surveille les trous de vent qui ne doivent jamais s’arrêter d’exhaler leurs suaves fragrances. Il faut pour cela qu’aucune particule de quoi que ce soit entre dans ces trous de vent. Si un être, si petit soit-il  s’aventure à l’orée d’un trou de vent, le vieil homme lui jette un regard incendiaire qui réduit instantanément le malheureux à l’état de cendre voltigeuse. Les puces d’or le craignent comme le monstre des abysses infernales de nulle part.

Le vieux chauve édenté voyage dans les mondes parallèles et poursuit ses victimes d’un pays à l’autre  à cheval sur sa canne de vingt mille lieues.

 

 

 

La rencontre bénéfique :

La chèvre bottée(Suzanne). Blanche, elle délivre de toute noirceur, de la nuit,  du froid ,  en faisant monter sur son dos et elle permet de s’enfuir grâce à ses bottes magiques.

 

Le génie (Annie)

 

Le poisson  (Laurence)

   Avec sa queue en clé de sardine, ses yeux glauques et ses écailles translucides, Aphrodipe l’a surnommée goujon-criquet, la conscience des insouciants. Il donne le pouvoir de clairvoyance et d’invincibilité à celui qui le réchauffe par ses compliments.

 

Au prochain atelier, nous écrirons le conte, très rapidement (une heure trente environ), et avec de nombreuses épreuves que le héros devra accomplir….

 

 

 

 

Par atelier d'écriture clec toulouse
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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /Nov /2008 11:48
c'est en s'inspirant de la fameuse liste de Barthe que notre atelier a commencé.

il s'est déroulé en trois temps:
1/ établir une liste de j'aime/je n'aime pas, très rapidement.
2/choisir un "j'aime" et le développer
3/choisir un "je n'aime pas", et paradoxalement, dire pourquoi on aime cela.....
Cet exercice permet de développer des compétences en terme d'argumentation, mis aussi de jouer avec l'ironie.

Encore une fois, je ne publie que les textes d'Annie et de Suzanne......dans l'attente des autres.......

I/
1/
J'aime la solitude, j'aime les photos d'antan,
j'aime la promenade au bord du canal
J'aime les réunions amicales, j'aime la musique
J'aime le ténor Pavarotti, j'aime la soprano maria callas
J'aime Jeanne Moreau, j'aime ses chansons de mon époque
J'aime le folklore polonais, jaime les livres, la radio
 
 
 
 
 
Je n'aime pas la télévision, je n'aime pas la chaleur tropicale
Je n'aime pas les sales rues de ToulouseJe n'aime pas les araignées,
Je n'aime pas marcher toute seule, je n'aime pas les disputes
Je n'aime pas les affrontements entre amis,
Je n'aime pas les voitures en stationnement gênant,
Je n'aime pas les chats se soulageant dans mon jardin
Je n'aime pas la sono étourdissante
 
 
J'aime le silence, J'aime la propreté, j'aime le chocolat.
 


2/ J’AIME LES PHOTOS D’ANTAN 

  Est-ce mon âge qui me précipite maintenant dans la mémoire de tout mon vécu ? J’aime en effet revoir toutes les étapes de ma vie même si la nostalgie s’installe dans mon âme : j’aime ma petite enfance qui me projetait dans les bras de mon père attablé avec ses amis au cours d’une réunion amicale ;  j’aime ces tristes photos de mes 14 ans où les corons sont témoins des rafles de l’époque 1040/1945 ; j’aime ce beau couple de mariés souriant de tout le bonheur à venir ; Et cette belle photo où mon fils de 18 mois qui trône sur le volant d’une vespa entouré de la tendresse de sa grand-mère et de la fierté de son père ; j’aime revoir mon passage chez mon employeur architecte et ma présence à ses obsèques grandioses où son cercueil est déposé dans un corbillard noir monumental. Et ces photos de ma maison construite sur un filon de minerai d’or et maintenant disparue, à jamais détruite.

 Si la nostalgie est plutôt empreinte de tristesse, pour ma part, revoir ces étapes de ma vie me comblent de paix et de joie car toutes sont des moments de bonheur.

3/« JE N’AIME PAS LES AFFRONTEMENTS ENTRE AMIS » car chacun défend son point de vue souvent dégénérant en rixes inexorables loin de la paix souhaitée.

Donc :  j’aime en effet ces joutes verbales dans toutes les circonstances : réunions, débats, avec toutes les jouissances de la provocation des uns et des autres. L’un pour mettre en valeur sa supériorité, son érudition, sa verve ; sa superbe anéantissant l’adversaire en le laissant pantois lequel se ressaisit dans sa fierté, en essayant d’argumenter tant bien que mal. Rarement je me suis vue le témoin d’un quelconque apaisement des deux côtés des protagonistes. Mais ces affrontements sont riches de découvertes : des caractères bien trempés, des

Forces, des ténacités à défendre un point de vue se révèlent, des personnes timides vous étonnent dans la persistance de leur entêtement, joignant à l’argumentation un ton jusque-là inconnu. En conclusion, nous portons un regard nouveau sur chacune des personnes très révélatrices de leur caractère qui nous donnent ainsi la possibilité de les aborder avec beaucoup plus de circonspection.




 II/

1/J’aime la marée montante

 J’aime l’odeur du feu de bois

 J’aime les couleurs d’automne

 J’aime les carillons

 J’aime la fourrure des chats

 J'aime les rides fines

 j'aime les films documentaires

 J’aime les légumes et la viande saignante

 J’aime la contradiction

 J’aime la solidarité

 J’aime tricoter

 Je n’aime pas les polichinelles

 Je n’aime pas les bleus couleurs

 Je n’aime pas les bleus à l’âme

 Je n’aime pas les sauts au trampoline

 Je n’aime pas les cailloux dans la chaussure

 Je n’aime pas les blagues à deux sous

 Je n’aime pas les épaules de camionneur

 Je n’aime pas être arrosée

 Je n’aime pas les courgettes et les concombres

 Je n’aime pas le croassement des corbeaux

 Je n’aime pas la mer dans son ensemble

 Je n’aime pas le chocolat au lait

 Je n’aime pas les guerres

 J’aime aimer

 J’aime être aimée

 J’aime le soleil sur ma peau

 


2/J’aime les couleurs de l’automne. Je suis née en cette saison. Là tout se ralentit, s’adoucit. Il n’est plus temps de rire et de s’ éclabousser. Il faut penser aux réserves. Les tapis de feuilles humides  s’amoncellent. Bientôt sèches et craquantes le jardinier pourra en brûler les tas .Alors montera la fumée odorante que j’adore. Les feux de cheminée se rallumeront. Les ocres , les rouges, les jaunes les derniers verts nous offriront leur symphonie de couleurs.La sève se ralentira  mais ce n’est qu’un prétexte pour mieux préparer la végétation prochaine. Enfin, on prend son temps , en automne. Les animaux préparent leur tanière pour l’hibernation. Il fait encore chaud, mais c’est supportable. Les jours raccourcissent. Duvet, écharpe suffisent pour supporter la première fraîcheur. Le promeneur n’est pas encore engoncé dans des tas de vêtements. Les nuages ne sont pas menaçants . La palette des couleurs d’automne fut longtemps ma préférée, dans la maison, pour mes habits, des rouilles, des orangés, des bruns, l’ocre des villes du sud, le rouge chaud des épices.

L’automne, c’est aussi un symbole de rentrée :rentrée des classes, repartir d’un bon pied, de nouvelles amies, espérer faire mieux que l’année précédente, prendre de bonnes résolutions, ce n’est pas une fin mais un renouveau.

L’automne, c’était le temps chez ma grand-mère des récoltes de pommes de terre, des pêches de vigne, des dernières prunes et des haricots frais. .

L’automne d’une vie,  c’est pour moi, maintenant. Maturité certaine, derniers renoncements, bonheur de l’accompli, frustrations qui s’éloignent, apaisement des ressentis. Derniers sursauts : oh ! que j’aime encore les couleurs de l’automne !

 

3/Je n’aime pas les cailloux dans la chaussure , car alors je boite, je deviens ridicule j’ai mal et je me retarde pour les ôter.

 

J’aime les cailloux dans la chaussure, ils ralentissent mes pas, me permettent de flâner. Enfin, j’ai l’occasion de ne pas essayer de rattraper mon frère aîné. Il est devant avec son mètre soixante-quinze, ses enjambées de soixante centimètres me terrifient. Tant pis si j’arrive en retard à l’école. Je m’arrête, j’ôte le soulier droit. Où est-il ce funeste caillou ? J’ai beau le secouer, passer la main. Il n’y est plus !. J’ôte la chaussette. Ce petit point rouge sous le gros orteil, c’est bien la preuve que j’avais une gêne ! Je me masse la plante du pied, la cheville. Et si j’en faisais autant pour le pied gauche, qu’il ne soit pas jaloux ? Et si je sautais à pieds joints dans la flaque ? Qu’est-ce que c’est bon !Pieds nus on a plein de sensations. Une vague de chaleur prend mes jambes, monte, monte dans tout le corps. Assise sur une borne je m’amuse à faire bouger les orteils les uns après les autres. C’est difficile. J’essaie d’ attraper des petits cailloux en crispant les doigts. Je donne un nom à chacun. Je chante les comptines d’habitude réservées aux doigts des mains. Je suis le trajet des veines fines. J’admire la finesse de ma peau. Pas encore de cor, d’oignon ni d’ongle incarné comme j’en ai vu aux pieds des vieux.

Bienheureux petit caillou qui s’est glissé dans la chaussette. Grâce à lui, j’ai passé un bon moment sur le chemin de l’école.Il me restera à en remettre un dans la chaussure et arriver en boitant et pleurant pour excuser mon retard ce jour-là ! (Suzanne)

 

 


 

 

 

 

 


l'atelier s'est terminé sur un cadavre exquis: sujet/verbe/COD/CCT/CCL sur le thème des mots positifs et négatifs

a)      LA BRIQUE ROSE DE TOULOUSE ECLAIRE LE SECRET DES CHAMBRES NOIRES UN BEAU SOIR D ETE  DANS LA MER AGITEE.

 

b)      L’HORIBLE PETIT CANARD TRAVAILLE LA MONTAGNE SUPERBE A LA SAINT-GLINGLIN DANS LES

ABYSSES INFERNALES.

 

      c)    LE TUEUR EN SERIE DETESTE LE SOLEIL RUTILANT AU PETIT MATIN DANS L’       ENFER DE DANTE

 

d)       LE SOLEIL RESPLENDISSANT VIOLE LE HIDEUX VAMPIRE EN HIVER AU FOND DE LA VALLEE.

 

 

 

 

 

Par atelier d'écriture clec toulouse
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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 23:36
I/l'atelier de ce jour (avec la présence de Michel!) a commencé par un petit exercice assez rpide de "mise en jambes": il s'agissait, à partir des deux répliques:
1: Voulez-vous un café?
2: Oui pourquoi pas
d'imaginer pendant une vingtaine de minutes un échange entre 1 et 2.
voici les textes:


1/« Voulez-vous un café ?

-Oui, pourquoi pas ?

-Vous croyez qu’il reste de la poudre ?

-Si vous m’avez proposé un café…c’est que vous saviez qu’il en restait !

-Mais peut-être que vous auriez préféré un arabica ou un robusta.

-Non, je préfère un Colombie.

-L’eau est peut-être calcaire ici.

-Je ne crois pas, vous n’avez pas une eau de source ?

-Je sais qu’il ne faut pas faire bouillir l’eau pour préparer un café, mais je ne savais pas que la qualité de l’eau était si importante !

-Vous me proposez un café sans rien savoir. Savez-vous à qui vous vous adressez ?

-Ah ! le café de ma grand-mère, comme je le regrette. L’entonnoir avec filtre ou la chaussette sur la verseuse et le liquide qui s’égoutte, dans l’odeur du noir mêlée à celle du feu de bois !

-Vous croyez que je vais attendre le feu de cheminée pour le boire ce café ?

-L’idéal serait de retrouver les grains de la brûlerie et de les moudre dans le moulin manuel tenu entre les genoux…

-Moi, je l’aime servi dans une tasse de porcelaine, le sucre dans la bouche et le liquide brûlant qui passe dessus.

-À la rigueur avec un peu de chicorée et le nuage de lait.

-C’est une hérésie ! rien d’autre que du café, du vrai, à la rigueur un turc, pris au comptoir, le matin avant d’aller au boulot.

-Vous avez vu l’émission où les femmes turques lisent l’avenir dans le marc de café ?

-Nous pourrions essayer !

-Oui, …mais où est le café ?

-Il n’y est plus depuis que notre village s’écroule et que le dernier commerce a disparu…


2/
il portait un manteau de pluie

-         Voulez-vous un café ?

-         Oui, Pourquoi pas ?

___________________

 

 -         Rejoignons ce bar voulez-vous ?

 -         Oui, d’autant plus qu’il m’est très familier et que « l’expresso » y est fameux.

 -         Vous connaissez donc le quartier fréquenté par la victime ?

 -         Assez pour arpenter son trottoir et lécher les vitrines

 -         Comment se fait-il que vous vous trouviez sur les lieux du drame ?

 -         Une coïncidence, je passais.

 -         Mais encore, vous avez l’air choquée ?

 -         Oui, cet expresso va me remettre d’aplomb

 -         Que me diriez-vous encore sur la victime ?  la fréquentiez-vous ?  Quelles étaient ses relations ?

 -         Je la rencontrais quelque fois dans ce bar.

          Bien, je pense que vous m’en direz plus dans les prochains jours et vous demande de vous tenir à la disposition de la « police criminelle 




II/l'atelier a ensuite continué sur le thème de la poursuite:
Le texte remis à chaque participant était un texte de Renan Luce (extrait de 24h01)

"J'ai couru après le temps

J'ai déchiré en l'approchant

Un bout de tissu et depuis....

Les participants devaient écrire une suite entre 20 et 30 lignes.

Une fois le texte (A)écrit, il s'agissait de plier à la 15 ème ligne et de passer la feuille au suivant, qui ne voyait que les 15 premières lignes.Le deuxième réécrivait donc les 15 premieres lignes et poursuivait (B).

Au bout de trois minutes d'écriture, le texte était plié de façon à ce que le suivant ne voie que la dernière ligne et il s'agissait de continuer (de plus en plus vite). La première personne terminait ensuite son texte.

Voici les textes:

1/A/

J’ai couru après le temps

Il portait un manteau de pluie

J’ai déchiré en l’approchant

Un bout de tissus et depuis

 

 

Oui, depuis le temps que j’attends ce moment, la Providence vient de me combler.

 

Les heures, les saisons, les années se sont écoulées, les images dans mes rêves m’émerveillaient, les réveils étaient douloureux, car je croyais à ma bonne étoile….

 

Hélas ! tous les jours étaient les mêmes, aucun évènement, rien  ne se passait ! Enfin un miracle !

 

Dans un parc, une silhouette aux cheveux grisonnants m’interpellent. Si c’était lui ?

 

Je m’approche et la bousculant poliment, son manteau de pluie s’accroche à un buisson qui laisse pendre un bout de tissu de ce vêtement. Quel  bon heur, depuis ! j’ai enfin près de moi  de quoi assouvir l’angoisse permanente de cet amour d’enfance qui a laissé dans mon cœur une trace indélébile.

 

                                            ===================

B/ 

 

 

J’ai couru après le temps

Il portait un manteau de pluie

J’ai déchiré en l’approchant

Un bout de tissus et depuis

 

 

 

Oui depuis le temps que j’attends ce moment la Providence vient de me comble.

 

Les heures, les saisons, les années se sont écoulées, les images dans mes rêves  m’émerveillaient, les réveils étaient plutôt douloureux car je croyais à ma bonne étoile.

 

Hélas ! tous les jours étaient les mêmes, aucun évènement, rien ne se passait ! Enfin un miracle ! Dans un parc une silhouette aux cheveux grisonnants m’interpelle. Si c’était lui ?

 

Si c’était elle ?

Je la voulais près de moi

Il y a bien longtemps de cela

Maintenant que je la vois

Je ne sais comment l’aborder

Dois-je plus près m’approcher ?

Ma main sur son épaule poser ?

Dois-je l’interpeller ?

Quelques galéjades oser ?

Mais je suis intimidé

 

 

Aurais-je l’audace d’écarter le manteau ? Me ferez-vous confiance encore et toujours ?

Nous arrêterons les pendules. Et confondrons en vie commune ce que nous fûmes et deviendrons.

 

Espérance toujours, malgré la pluie de larmes. Le manteau certes se déchire, mais il laisse entrevoir l’embellie. L’arc-en-ciel aux belles couleurs tendres fait un grand demi cercle dans les cieux ; enfin, la pluie va cesser et le manteau de pluie va être rangé.

2/

                 -A
J’ai couru après le temps

Il portait un manteau de pluie

J’ai déchiré en l’approchant

Un bout de tissus et depuis

Les heures s’en vont s’effilochant ;

Maille après maille, la jeunesse s’enfuit

Et tombe en lambeaux de larmes.

Les regrets se tissent malaisément

Avec les joies que la vieillesse désarme.

J’ai couru après le temps

Voyagé vers de lointains ailleurs

Cherchant au loin, désespérément,

La clef mystique du bonheur.

Il est trop tard maintenant.

La rouille est en mon cœur.

 

               -B 

J’ai couru après le temps

Il portait un manteau de pluie

J’ai déchiré en l’approchant

Un bout de tissus et depuis

Les heures s’en vont s’effilochant ;

Maille après maille, la jeunesse s’enfuit

Et tombe en lambeaux de larmes.

Les regrets se tissent malaisément

Avec les joies que la vieillesse désarme.

Jeunes et vieux confondus

Est- ce possible à ce jour ?

Mêler nos larmes et nos rires

À quoi ça sert, n’en jetez plus.

Sommes-nous de la même planète ?

Avons-nous les mêmes gênes dans nos sangs ?

L’un regrette, l’autre espère

Et chacun court après le temps.

Les bulles où chacun s’enferme

S’ouvriront-elles un instant ?

L’armée humaine s’avance inéluctablement

Armée de va-nu-pieds, de tordus, d’enflammés

Des oriflammes, de divins divinateurs, de pacificateurs

Aux propos guerriers, d’empêcheurs de tourner en rond

Aux idées bien carrées, d’endoctrinés déterminés

A défendre n’importe qu’elle doctrine… les suiveurs, quoi !

Et puis il y a les princes, ceux qui ne sont ni endoctrinés

Ni doux rêveurs,

ni rêveurs tout court.

Ainsi va la chute du manteau de pluie dans le lac des rêves d’un pauvre mortel.

 

3/

A/J’ai couru après le temps

Il portait un manteau de pluie

J’ai déchiré en l’approchant

Un bout de tissu et depuis…

Mon avenir m’est apparu

Triste et comique à la fois

Sempiternelles réminiscences

Avant, après, pendant

Surtout. Mais à quoi bon

Les souvenirs, qu’en reste-t-il

En ce moment ?

Bonnes ou suaves espérances

Viendront-elles égayer mes jours ?

Il n’est plus temps de contempler

L’action est proche, ne fuyons pas. 

Rien ne servira de courir.

Le temps nous est mesuré

À l’instant même il rétrécit

Quand je croyais le retenir.

S-o-s, bouteille à la mer.

Il est trop tard, refermez le manteau.

 

B/J’ai couru après le temps

Il portait un manteau de pluie

J’ai déchiré en l’approchant

Un bout de tissu et depuis…

Mon avenir m’est apparu

Triste et comique à la fois

Sempiternelles réminiscences

Avant, après, pendant

Surtout. Mais à quoi bon

Les souvenirs, qu’en reste-t-il

En ce moment ?

Bonnes ou suaves espérances

Viendront-elles égayer mes jours ?

Il n’est plus temps de contempler

L’action est proche, ne fuyons pas. 

Et puis d’abord pour aller où ?

A-t-on l’embarras du choix ?

Que maîtrisons-nous de nos vies ?

Fuir ou ne pas fuir, là est la question

Si l’on ne fuit pas que fait-on

Puisqu’il n’est plus temps de contempler

Ne va-t-on pas s’ennuyer ?

Non, nous n’allons pas nous ennuyer,

Que de beaux paysages à voir,

Que de mers à découvrir .

Avec leurs bateaux aux voiles blanches.

Pourquoi ne pas aller à la montagne

Photographier les nouveaux ours venus,

Descendre les pistes enneigées

Cheveux au vent, les doigts rougis,

Savourer les flocons, casser des stalactites,

 Et m’affaler radieuse aux pieds du moniteur  

 

 

 

 

 

Par atelier d'écriture clec toulouse
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 20:00
L'atelier a commencé par un cadavre exquis:

consigne: CCLieu, sujet au pluriel, verbe transitif direct au passé, COD, CCtemps au passé:

Dans la forêt amazonienne, des mouettes portaient dans leurs bras les arbres au premier jour de l'Empire.

A la mer, le derviches aux longues moustaches chantaient la belle jeune fille dès potron-minet.

Dans les steppes de l'Asie centrale, les perdreaux faisaient danser un avenir radieux en août dernier.

En forêt, les vestiges ont attendu la mie de pain il y a un millénaire de cela.

Dans les ruines, les délicieux enfants picoraient l'âme du temps auparavant.






Après cette entrée en matière, l'atelier commence vraiment alors:

Première consigne: décrire la carte postale présentée et souligner deux phrases imortantes
Deuxième consigne: avec les deux phrases importantes, la carte, écrire à la personne "piochée", et souligner deux phrases
Dernière consigne: avec les quatre phrases, la carte, et trois cartes de tarot (utilisées pour créer une anecdote ou donner des idées), écrire à la personne piochée auparavant.

Texte 1


1/

Venise se situe en Italie du Nord, et présente sur cette carte un des ponts, parmi les nombreux qu’elle possède. Celui-ci surmonté de douze arches de marbre blanc est probablement le plus impressionnant de tous. Au premier plan, une gondole avec trois personnes, sur l’eau calme. Au fond du tableau, une construction en marbre bleu et toiture rouge, finement ciselée, tout cela dans la lumière du jour. Au tout premier plan, des fleurs, de grandes fleurs au milieu de la verdure, dans un parterre minuscule. L’eau verte reflète mille reflets de ces monuments majestueux .R

2/ carte à son mari (vacances avec l'amant)

Cher amour,

Combien je regrette que tu ne sois pas à mes côtés dans ce paradis où une gondole nous aurait fait passer sous ce pont surmonté de douze arches, en marbre blanc, probablement le plus impressionnant de tous. Sous le balancement de la gondole, nous nous serions endormis éveillés de temps à autre par le chant du gondolier propice à notre engourdissement amoureux. Le ciel bleu sans aucun nuage déverserait sur nos corps presque dévêtus sa clarté divine.

Je suis tout enveloppée du charme de ce coin. Où les fleurs en premier plan s’épanouissent dans la verdure et où l’on peut encore s’aimer dans toute la puissance de la passion qui nous anime. A


3/cartes:

Mon épouse chérie,

Je suis à Venise.

Quelle beauté que ce pont, surmonté de douze arches de marbre blanc, probablement un des plus impressionnants, sur le passage des gondoles, bercées par le chant du gondolier, propice à l‘engourdissement amoureux. Des coins de verdure minuscules où de magnifiques fleurs s’épanouissent, des fleur qui font penser à notre banquer de mariage que je n’ai pas oublié. Tout cela d’une beauté sublime qui éloigne de nous l’ombre de la mort. Je ne m’ennuie pas du tout, sachant que mon rêve ne durera pas, et j’ai mis à mes côtés tout ce qui peut faire profiter de ces trésors. Encore quelques jours de bonheur, et à bientôt ma chérie,

François. R


Texte 2



1/  C’était une île sauvage, à la végétation luxuriante, baignée par une

chaleur moite 365 Jours par an

. Les palmiers déversaient quelque fraîcheur illusoire en agitant leurs longs bras effilés. De sable, rien. De pierre, rien non plus. Tout en vert et bleu. Bleu lagon aussi transparent au-dessous qu’au dessus. Un silence entrecoupé du ressac de quelques vaguelettes éparses et des arbres, des arbres toujours, des troncs, des feuilles, de l’émeraude au jade, de la terre de Sienne au marron le plus sombre. C’était une île, celle du Diable.

2/Carte à la maîtresse de son mari

 

Madame,

Me croirez-vous si je vous dis que je vous aime, aujourd’hui. Oui, vous ouvrez vos fameux yeux de biche sur cette carte d’un endroit paradisiaque que sans vous je n’aurais pas eu l’occasion de connaître.

Cette île sauvage, à la végétation luxuriante, baignée par cette chaleur intense qui me profite tant.

Pendant que s’accomplit mon rêve : me baigner dans ces eaux si claires, si chaudes, vous devrez vous contenter des glaces de l’Arctique où Romuald ne peut même pas vous accompagner puisqu’il s’est cassé le pied juste au moment d’embarquer. Toutefois, vous aurez peut-être choisi de ne pas partir seule et vous serez obligée de rester dans votre trou à rats de village (vous ne savez pas conduire !). Et « Mamour » a sa maman pour  le consoler. Cette Guyane tout en vert et bleu. Alors que vos yeux aveuglés par l’immensité blanche seront atteints d’ophtalmie des neiges.

Et vous voudriez en plus savoir et comprendre comment me voilà ici ? Téléphonez à Romuald, mon mari, votre amant. Vous allez en dépenser des unités de téléphone, surtout si vous êtes sur la banquise (pour six mois, vous êtes en expédition).

 

Choisissez bien les horaires de communication, la famille de ma belle-mère s’est installée à la maison pour soigner leur cher petit. 

 

Quant aux billets : Guyane, Pôle Nord, il faut savoir qu’avec Internet il est facile de les intervertir.

Je vous souhaite de bonnes engelures pendant que moi, au son des ukulélés, je sirote des punchs, en bikini avec des colliers de fleurs. Je reverrai Romuald avant vous et il me restera du temps pour renouer des liens pas si distendus que vous voulez bien le croire.

 

 

3/ cartes:


Chère amie,

Je suis sur cette île sauvage mais combien attachante par la présence de toute la verdure qui la recouvre et par la mer toute verte et bleue qui l’entoure. C’est une île sauvage, à la végétation luxuriante, baignée par la chaleur moite 365 jours par an : atmosphère propice à la petite tenue qui fait appel aux ébats amoureux qui ne nous échappent pas ni à moi ni à Fernand comme vous pouvez vous l’imaginer. Alors que je vous imagine avec des yeux aveuglés par l’immensité blanche qui pourraient être atteints par l’ophtalmie des neiges. Les circonstances actuelles obligent fernand à rentrer plus tôt en France car les travaux de fenaison vont être entrepris espérant qu’ils ne seront pas interrompus par les orages et les éclairs si fréquents en cette saison, espérant aussi que vous serez-là pour l’accueillir à son arrivée. Choisissez bien ses horaires de communication, la famille de ma belle-mère s’est installée à la maison pour soigner leur cher petit.

A bientôt tout de même et merci.

                                                                                     Marie  


Texte 3:


1/Athènes : ville très étendue d’où émerge à l’arrière-plan, un sommet arrondi, boisé à la base. Des maisons de même hauteur, quelques immeubles. Au milieu, des ruines antiques reconstruites émergent des fouilles, notamment un temple grec.
Au premier plan, en contrebas, un théâtre antique de gradins en demi-cercle, précédé d’une façade qui se continue par un mur. Ceux-ci sont percés d’ouvertures hautes en arrondi.
Des arbres et des rocs nus entourent les monuments.
Dans le fond, une montagne se découpe sur le ciel, d’un bord à l’autre de la carte.

2/Carte à son chef (que l'on déteste)

Monsieur,

Je suis arrivée à Athènes hier soir et comme prévu le responsable de l’Immobilière Crétoise de crédit m’a donné rendez-vous au milieu des ruines antiques reconstruites qui  émergent des fouilles, notamment un temple grec qui va servir de modèle à l’architecture de sa villa. Il m’a déjà demandé de prévoir que  des arbres et des rocs nus entourent les monuments que nous allons construire autour de sa villa.

Je comprends bien que ma mission sera très délicate car l’homme est très dur en affaire, d’un abord sec et froid.

J’espère que vous ne m’avez pas désignée, comme à votre habitude, pour les talents de négociatrice de vos ex cool laboratrices, car je soupçonne M.Kapadopoulos  de suivre vos conseils éclairés lorsque nous abordons les coins sombres de tel ou tel temple.

Je vous informe donc que l’issue de la négociation ne dépendra que de mes talents de commerciale éclairée en espérant en retirer,  pour une fois ,  une gratification justifiée de votre part.

 

3/ cartes:

 

Monsieur,

Comme vous me l’avez imposé, je vous expédie mon rapport d’Athènes.

Déjà, je peux vous spécifier que vu le soleil accablant, je ne suis pas en voyage d’agrément même si vous l’avez laissé entendre à vos collaborateurs.

Votre secrétaire en second a pu , elle, se promener parmi les ruines antiques reconstruites au milieu des fouilles. Mais au temple d’Apollon, la pauvre petite, privée de votre soutien, s’est foulé la cheville. J’ai dégringolé en glissant sur les rocs nus pour l’accompagner se faire soigner et je me suis cogné le front contre un arbre !

J’espère que vous ne m’avez pas désignée, comme à votre habitude pour les talents de négociatrice de vos cool laboratices.

Votre client M. Kapadopoulos me suit dans les coins , sombres heureusement, car j’ai du panser mon front.Il brandit vos  conseils éclairés comme un roi son sceptre,  sans écouter les miens. Ce n’est pas une sinécure !.

Caroline, quant à elle, sur le transat, au balcon de l’hôtel quatre-étoiles que vous lui avez offert( je me contente de l’auberge de jeunesse, moi) relit ses classiques, dit-elle. Je la soupçonne de s’amuser avec le serveur pâtre grec qui dépose des fleurs près de sa tasse tous les matins, tandis qu’elle s’alanguit dans sa tunique mouillée.

Monsieur, vous aurez compris où je veux en venir : pour prix de mon silence auprès de votre épouse et   si vous voulez que je poursuive ma tâche auprès de ce client responsable des crédits qui vous a mis le couteau sous la gorge, doublez mes frais de voyage. Bien sûr je me ferai un plaisir de remplacer Caroline que vous aurez fait rapatrier. Je poursuivrai mon rôle d’assistante que vous me promettez depuis si longtemps et  je serai plus efficace auprès de  «  notre » client dans les tavernes qu’au Parthénon .



nous attendons le texte de Laurence qui sera publié dans un prochain article....

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