Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 20:55

Il était une fois un enfant du nom de PEPINO, le dernier d’une fratrie de 10 enfants lui-même jumeau avec FRANCISCO.

 

PEPINO se déplaçait dans un pays enchanteur de nulle part à la recherche de subsides pour lui-même et pour les siens. Malheureusement la chance ne le favorisait pas, la traversée de ce pays ne lui apportait que désillusions et amertume, la faim le tenaillant du matin jusqu’au soir. La mélodie du chant des oiseaux, des insectes, rien de concret tout cela . PEPINO restait toujours sur sa faim ; pas de place pour la rêverie ; les matins, les soirs, tous ces moments se ressemblent pour lui ; les jours passent sans qu’une quelconque subsistance lui apparaisse pour combler sa faim et surtout celle de tous les siens. Il y a donc lieu de réfléchir à un autre stratège pour s’en sortir.

 

Mais PEPINO n’a pas d’expérience ; il est si jeune … malgré tout, il est courageux. Le voilà donc parti à l’aventure quand il arrive dans un pays inconnu, désert en toute saison, une immensité de sable. Aucune frontière n’apparaît nulle part. Un silence profond habite cet espace inhabité et où

aucune âme ne le traverse qu’elle soit humaine ou animale.  Quel devenir pour PEPINO qui veut sauver les siens de la famine ?

 

Comment trouver de quoi manger en traversant cette mer de sable ?

 

Persuadé qu’il est guidé par une présence invisible une voix l’incite à plonger ses mains ce sable ingrat où trois secrets lui apporteraient la solution à sa mission.

 

Et voilà que un scarabée doté d’un anneau d’or lui dit : « PEPINO regarde ce champ de blé moissonné ; il reste encore quelques épis qui jonchent le sol ; glanes-les » Sa gerbe sous le bras

PEPINO voit déjà sa mère pétrissant un bon pain. Quand tout à coup un meunier apparaissant sous la forme d’un ange aux ailes noires lance une flèche maléfique dans la manne qui se désagrège complètement.

 

Les bras ballants, la mine déconfite, PEPINO n’ose rentrer à la maison, mais il ne désarme pas.

 

Toujours invisible, une petite voix le rappelle : « cherche encore … » Surprise : un ruisseau s’étire

Sous ce sable brûlant … Une libellule, un anneau d’or autour de ses ailes, s’approche de lui en lui

Disant : « Voici pour ta fratrie un pots de miel des plus nourrissant. Mais à ce moment précis, un éclair éblouissant fait surgir un ange aux ailes noires, voleur du butin des ruches ; sous la force de l’éclair le pot de miel bienfaisant est renversé et éclaté.

 

Désemparé, découragé, PEPINO n’a plus la force de poursuivre sa mission quant à nouveau la voix

qui l’intrigue depuis son départ du pays de nulle part se fait entendre ; elle n’est autre que celle de

son frère jumeau FRANCESCO qui a voulu protéger son frère tout le long de son parcours.

 

Mais le plus bouleversant pour lui c’est de retrouver l’anneau d’or et voici que le miracle se produit 

Le scarabée et la libellule lui apportent sur un coussin rempli de victuailles l’anneau d’or magique.

 

PEPINO rasséréné par l’arrivée de son frère jumeau qui s’est ingénié parallèlement à son aventure de pourvoir aux besoins de la famille par l’apport d’un sac de blé, d’une série de pots de miel

se voit transplanté par magie, par hélicoptère dans un merveilleux château où l’attendent parents et fratrie, FRANCISCO ayant auparavant neutralisé le meunier cupide et le voleur du butin des ruches.  (Annie)

 

 

                                          

 

 

-        UN CONTE DE NULLE PART –

 

- I -

 

            Il était une fois dans une grotte sombre et profonde de la montagne de cendre bourrue la montagne d’où s’échappent éternellement des vapeurs psychédéliques, il était une fois, dis-je, une vieille, très vieille femme rabougrie à poils ras, nommée Grand-Mère Noirâtre.

            Elle avait deux filles plus belles l’une que l’autre, La Blanche et La Rousse. Tout allait pour le mieux dans ce pays de nulle part au milieu des puces d’or qui sautent de constellation de Protos en constellation d’Aramède. La Blanche et La Rousse jouaient sans limite de temps ni d’espace à saute-colonnes sur les grands piliers de porphyre qui jalonnent les sentiers de brouillard. Les vapeurs tour à tour sucrées, salées, âpres et âcres s’exhalaient dans les quatre directions du levant, du ponant, du nadir et du zénith pour nourrir en quatre repas les puces d’or qui, à leur tour servaient de douceurs aux deux sœurs et à leur grand-mère. Ce bonheur tranquille aurait pu durer une éternité si un événement ou plutôt un étrange personnage n’avait surgit d’une nébuleuse verte pour se présenter sur le seuil de la grotte.

            Le Grand Pourfendeur venait d’arriver au pays de nulle part. Il s’installa dans le vide- plein d’un trou de vent et commença à tisser l’espace-temps. Grand-Mère Noirâtre savait ce que cela voulait dire. Il venait la chercher en lui laissant à peine un espace-temps pour assurer la survie de sa descendance au pays de nulle part. Un grand dilemme allait occuper ses jours et ses nuits. Qui allait-elle choisir pour devenir la Reine gérante du pays de nulle part  et la gardienne de la montagne de cendre bourrue ?

Après sept nuits blanches, elle choisit, pour lui succéder, l’aînée des deux sœurs, La Rousse.

À peine la roue de l’espace-temps avait-elle finit sa rotation que le Grand Pourfendeur emporta Grand-Mère Noirâtre dans la nébuleuse verte, transformant en même temps La Rousse en Reine de la montagne de cendre bourrue et réduisant par la même occasion, La Blanche, en microbe des neiges.

La pauvrette fut condamnée à vivre loin de la montagne de cendre bourrue, aux confins du pays de nulle part en attendant celui qui voudrait bien la délivrer de ce maléfice. Elle erra trois espaces-temps durant avant de comprendre que son avenir était ailleurs.

-         Et si je partais vers un pays inconnu qui me redonnerait ma taille et ma vie de petite chatte joyeuse ?

Elle dégringola quatre à quatre les colonnes de porphyre qui jalonnaient les sentiers de brouillard, et, l’air décidé, se dirigea vers un ailleurs. Mais au bout de neuf espace-temps passés à galoper de vides pesants en vides légers, ses toutes petites pattes ne voulaient plus avancer. Elle dut recourir au souffle des elfes sulfureux pour la faire tournoyer autour des trous de vent pour prendre de la vitesse. Passant à travers les gouttes qui tintinnabulaient dans le silence laiteux, elle se laissa emporter dans un de ces trous et, voguant sur une suave fragrance, elle s’échappa du pays de nulle part…

 

-        II -

 

            Elle atterrit un peu brutalement sur le sol glissant d’une prairie de galets, mais, encore et toujours féline, elle sut amortir son arrivée sur cette terre inconnue.

À peine remise de ses émotions, sa petite tête d’épingle sembla exploser au son d’une voix caverneuse et rauque qui, tombée du ciel, lui intimait l’ordre d’aller voler l’épée de plus de mille tonnes pour avoir le droit de séjourner dans le pays inconnu. Affolée, elle demanda de sa petite voix aigrelette de microscopique chatte blanche :

-         Mais où vais-je trouver cette épée ?

            La voix tonitrua dans ses tympans:

-         Derrière la porte de Titane, à l’orée de l’horizon rougeoyant.

-         Mais comment pourrais-je porter une pareille épée, moi si petite ?

            Elle n’entendit pas de réponse mais vit s’éloigner un vieil homme au nez crochu, énorme, gras de la tête au pied, immense, enveloppé d’un vaste linceul noir. Il s’en alla, claudiquant, heureux de l’effet qu’il avait fait à La Blanche.

            Recroquevillée sur un galet chauffé à blanc par le soleil de midi, la petiote se lamentait, pleurait, se lamentait, pleurait, se lamentait, et pleura tant et tant qu’une rivière coulait maintenant à ses pieds. Ebahie, elle vit alors un petit, tout petit poisson, sortir sa tête orangée de l’eau et lui murmurer à l’oreille :

-         Je suis  Gérémi-Goujon, pour te servir. Dis-moi ce dont tu as besoin et je te le donnerai.

-         Ô adorable, gentil Gérémi-Goujon, je suis trop petite pour voler l’épée de mille tonnes. Il me faut grandir et devenir forte, très forte, et je ne sais comment faire.

-         Aucun problème, microbe. Prends cette fiole et, à chaque fois que tu voudras gagner quelques centimètres l’espace d’une heure, ouvre-là et respire le parfum enchanteur.

La Blanche remercia chaleureusement Gérémi-Goujon qui disparut aussitôt. Elle s’empara du parfum enchanteur et respira les suaves fragrances jusqu’à devenir un monstre préhistorique de dix-huit mètres de haut.

-         Je crois que j’ai un peu exagéré. Tant pis ; au moins, je n’aurai pas de problème pour apporter cette épée au vieux grigou.

Elle poussa l’épaisse porte de Titane qui ne lui résista pas et vit sur l’horizon rougeoyant une gigantesque épée d’un métal inconnu, plantée dans le sol. L’arme invincible pesait bien mille tonnes mais du haut de ses dix-huit mètres, La Blanche n’eut aucun mal à la hisser sur son dos et à repartir vers la prairie de galets à grandes foulées. Il était temps qu’elle arrive car l’heure écoulée, la petite chatte redevint minuscule, comme auparavant.

Le vieil homme édenté ne la félicita même pas. Il s’empara de l’épée et de sa voix rauque lui jeta en plein museau :

-         Tu ne crois pas que tu vas t’en sortir comme ça. Ah ! Ah ! Ah ! Puisque tu es si maligne, déchiffre donc ce message codé pour sortir vivante de la pinède hérissée de boules de givre que tu devras traverser pour conjurer la malédiction du Grand Pourfendeur.

Terrorisée, La Blanche prit le message givré et lut : eerviucremaleddrobuasuovzedner. Désespérée, elle se dirigea vers la pinède à l’orée de laquelle serpentait une rivière de métal irisé. Elle se pencha au dessus du courrant et vit Gérémi-Goujon avec sa queue en clé de sardine qui battait l’onde métallisée sur un rythme syncopé.

-         Bonjour adorable, gentil Gérémi-Goujon. Toi, le plus grand des gentils goujons de ce pays, te souviens-tu de moi ? Tu m’as aidé une fois, lorsque j’étais en difficulté sur la prairie de galets de granit rose.

-         Bien-sûr, je me souviens de toi. Que t’arrive t-il microbe ?

-         Eh bien, j’ai un message à décoder  et si je n’y arrive pas, je mourrai dans une boule de givre sans avoir retrouvé ma taille et ma vie de petite chatte joyeuse. Ô adorable, gentil Gérémi-Goujon, toi le plus intelligent d’entre tous les goujons, peux-tu faire quelque chose pour me sauver la vie ?

-         Aucun problème, microbe. Fais tout ce que je te dis sans poser de question. Traverse la cascade étoilée. Enfonce toi dans la vallée minérale. Après la douzième herbe carnivore tachetée de rouge, sur ta gauche, tu verras une boule de givre renfermant la lumière des constellations de Protos et d’Andromède. Si tu veux revenir dans ton pays de nulle part, monte dans la boule de givre et crie « en route pour nulle part ».En revanche, si tu veux rester ici et découvrir ce que contient le message, étale la boule de givre sur le sol où soupirent les timides améthystes qui te serviront de miroir. C’est dans un de ces miroirs que tu pourras déchiffrer le message.

-         Oh merci infiniment adorable, gentil Gérémi-Goujon que j’adore.

            La Blanche suivit les instructions à la lettre. Arrivée devant la boule de givre elle hésita quelques instants – Ai-je vraiment envie de retrouver La Rousse où dois-je aller vers mon destin ? -  Quelques espaces-secondes suffirent pour entériner sa décision ; son désir de trouver le bonheur dans le pays inconnu l’emporta sur celui de revoir sa sœur devenue Reine dans son pays de nulle part. D’ailleurs, là-bas, peut-être que plus personne ne se souvenait d’elle, microbe blanc à quatre pattes.

            Elle posa le papier sur la pure améthyste qui, dans sa limpide transparence lui permit de découvrir le message codé. Elle lut alors à haute voix : Rendez-vous au bord de la mer cuivrée.

            Elle prit ses pattes à son cou et courut le plus vite qu’elle pouvait vers la prairie de galets de granit rose où l’attendait le vieil homme édenté et boursouflé. Après avoir pris connaissance du message, le vieux monstre boutonneux marmonna :

-         Pas mal, pas mal mais si tu veux redevenir une vraie petite chatte, il te reste une troisième épreuve à surmonter. Il te faudra sortir du labyrinthe dans lequel je vais t’enfermer. Tu n’auras rien à manger et tu seras privée de sommeil. Si tu fermes les yeux, tu dormiras à tout jamais. Et si au bout de trois nuits tu n’es pas sortie, tu erreras éternellement dans les entrailles du pays inconnu où le noir et le froid règnent en maître.

            La Blanche ne s’attendait pas à cet accueil. Elle, qui avait mis tous ses espoirs dans la quête de ce message décodé, fut découragée, désemparée, atterrée en découvrant cette nouvelle épreuve. Elle commençait à penser qu’elle ne trouverait pas de repos dans cet enfer, et qu’elle ne recouvrerait jamais son identité perdue. Elle regrettait maintenant de ne pas être montée dans la boule de givre.

            Elle n’eût pas le temps de penser longtemps car elle se retrouva soudainement au milieu d’un labyrinthe dont les allées étaient hérissées de milliers de pieux supportant d’innombrables miroirs dans lesquels se reflétaient les rayons ardents du soleil de midi. Éblouie, elle ferma les yeux et pensa fort, très fort, si fort à son adorable, gentil Gérémi-Goujon qu’elle vit se dessiner un œil glauque dans le coin de sa pensée.

-         Ô adorable, gentil Gérémi-Goujon, toi le meilleur, toi le plus grand, toi mon sauveur, je t’en supplie, aide-moi à sortir d’ici avant trois jours sinon je mourrai de chagrin et d’ennui dans les entrailles de ton pays.

            Gérémi-Goujon, appâté par les compliments de La Blanche, se matérialisa dans l’onde d’un miroir et susurra à l’oreille de la minuscule chatte :

-         Aucun problème, microbe. Il faut que tu coures au bout du circuit IOTA du grand labyrinthe qui tourne sur ta droite et, sous le dernier pieux, derrière la plante carnivore aux taches rouges, tu retrouveras à nouveau la fiole du parfum enchanteur qui te fera grandir puis, lorsque le labyrinthe sera devenu minuscule par rapport à toi, tu l’enjamberas sans difficulté. Pars vite si tu ne veux pas dépasser les trois nuits.

            Sur ce, l’image rougeaude de l’adorable, gentil Gérémi-Goujon s’estompa puis disparut du miroir. Pas une minute à perdre. Les quatre petites pattes tricotaient pour avancer le plus rapidement possible dans le circuit IOTA, le plus long de tous. Deux nuits étaient déjà passées et La Blanche avait l’estomac dans les talons, avançant maintenant de moins en moins vite comme un cheval sans foin, ou une voiture terrienne sans huile. Elle avait beau se motiver, elle pensait que cette ultime épreuve allait sûrement lui être fatale. Jetant ses dernières forces dans les derniers kilomètres, elle atteignit dans la souffrance le dernier pieu et, ivre de fatigue et de faim, elle découvrit le brumisateur sous une feuille de plante carnivore, exactement comme lui avait soufflé l’adorable, gentil Gérémi-Goujon. Avec grande précaution, elle s’empara du flacon qu’elle déboucha rapidement avant de humer une première fois, puis une deuxième, puis une troisième fois. Les centimètres gagnés lui redonnèrent un regain de force pour continuer à respirer, respirer, respirer, si bien qu’elle devint à nouveau immense. Le labyrinthe n’était plus qu’un vague fil serpentant  à la hauteur de ses griffes. Elle le franchit sans peine et se rua vers les poissons de la cascade bleue. Rassasiée après la prise d’une centaine de truites saumonées, elle entreprit le voyage vers la prairie de galets de granit rose. L’heure fatidique ayant sonnée, elle redevint minuscule, une fois de plus. Le chemin allait donc être encore long pour retrouver le vieil homme claudiquant.

En passant au milieu des boules de pinèdes, elle se souvint de la rivière de métal irisé qu’il fallait suivre. Mais cette fois-ci, la rivière ne la conduisit pas vers la prairie de galets mais au fond d’une forêt d’immenses pins, droits comme des I sur lesquels les lunes rousses avaient déposées leur point, comme sur le clocher jauni, réminiscence d’une vie antérieure. La nuit tombant, elle aperçut au loin une lueur vive. Guidée par cette lumière intense, elle se trouva dans une clairière baignée des embruns d’une mer cuivrée, devant une maisonnette aux volets rouges sur lesquels étaient sculptés dans la masse, deux cœurs. Elle poussa timidement la porte et entendit, Ô horreur ! Une voix caverneuse et rauque. Le cauchemar allait donc continuer longtemps encore ! Mais, à sa grande surprise elle s’aperçut que cette voix muait au fur et à mesure que les mots sortaient de la bouche hideuse du vieil édenté, et, petit à petit, l’enveloppe du vieux monstre tombait en lambeaux, devant le regard ébahi et la bouche bée de La Blanche. Alors, dans un tintamarre de bonbons acidulés s’entrechoquant, un magnifique jeune matou plus blanc que neige, aux yeux de jade sortit de cette mue. À peine remis de ses émotions, le blanc matou vint frotter langoureusement son poil à celui de la petite chatte. Dès cet instant, La Blanche grandit, grandit, retrouvant sa taille d’antan. Une voix douce lui murmura :

-         Je me présente, Belle. Je suis Angora, ton serviteur. Tu as su résister à mon physique ingrat. Tu as surmonté ta peur et a été persévérante malgré ces dures épreuves. Tu es digne d’être ma femme, si tu le désires, et devenir, à mes côtés, la Reine, gardienne des suaves fragrances contenues dans les trous de vent. Un seul OUI de ta part et je te livre le secret des vides-pleins de lumière contenus dans ces trous de vent.

-         Mon Angora bien-aimé, je viens de comprendre ce que je venais chercher au pays inconnu. Alors… Mille fois OUI.

 

 

- III –

 

 

            Comme quoi vilain visage n’est pas vilain cœur.

 

            Dois-je vous dire qu’ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et s’aimèrent éternellement ?

 

            Ah, non ! Ça c’est usé, démodé, suranné. La suite est plus simple. À partir de ce OUI, ils vécurent en parfaite harmonie dans cette vie et dans bien d’autres après, au milieu d’adorables chatons plus blancs que neige, qui grandirent et partirent eux aussi découvrir d’autres vastes mondes.

 

            Mais, c’est pareil ?

 

            Peut-être… À vous de juger.

 

 

-     FIN –

-        (Laurence…qui a un peu remanié son texte chez elle….)

 

 

1ER TEXTE/ où il faudra ajouter sucessivement [déchiffrer le message invisible, neutraliser le personnage maléfique, traverser la mer de sable, dérober la formule aux trois secrets et la tour d’une princesse] : «  Il était une fois, dans une forêt de bouleaux, tu vois comme ceux qui se dressent devant nous. Des bouleaux, au feuillage argenté qui bruisse dans le vent..Dans cette clairière même, où nous nous sommes installés, vivait une famille de charbonniers. Tu ne sais pas ce que c’est ? Moi,  si, tes arrière-grands-parents maternels ont travaillé ici, ils y pratiquaient cet ancien métier, du temps où on se chauffait au charbon de bois.

-Mais alors , ils étaient tout noirs ?

-Eh oui, mais leur fils Sylvestre était tout blanc !.

-C’est impossible !

-Si si, ses parents le savonnaient souvent avec la saponaire, dans l’eau de la source que tu vois apparaître à nos pieds.

-Continue Manou.

-Sylvestre était un ravissant garçonnet, tout mignon, avec de minuscules pieds et mains.

-Comme si c’était un elfe, alors , ou un lutin ?

-Oui, comme ceux du dernier film que nous avons vu ensemble.

-Dans le film : « Spike » les lutins habitent au pôle Nord

                                                   

           , comme moi j’habite en France, et Sylvestre, lui, où il habitait avec ses parents charbonniers ?

-Sylvestre, lui, le gentil petit garçon tout blanc, habitait le pays de nulle part.  » 

Aurélien est pensif  .Il regarde, la tête sur mes genoux, le ciel que l’on aperçoit au-dessus des frondaisons.

«- Sylvestre n’était pas aussi grand que toi, il restait petit, à la dimension du lit que son père avait fabriqué pour sa naissance  .

-Impossible !

-Mais si, ses parents le mesuraient régulièrement en faisant des marques contre le chambranle de la porte de la cabane. Ce n’était pas plus qu’un demi-centimètre de plus à chaque fois.

-Et alors, à sept ans, combien mesurait-il ?

-  Environ…1,50 m. Je ne sais pas transformer les pieds et pouces qu’ils utilisaient.

-Il a eu sept bougies, comme moi ?

-Non, les gâteaux d’anniversaire ça n’existait pas ! Par contre il eut enfin le droit de partir seul vers la rivière. Il se planta là, sur la berge, et là…

-Là ?

Là, il vit son corps onduler, s’allonger, comme un dédoublement de lui-même.Fort en colère, ne se reconnaissant pas, puisqu’il ne voulait pas grandir, il s’enfuit en courant à toutes jambes regardant autour de lui si celui dont il avait aperçu le reflet dans l’eau n’était pas derrière lui pour le tracasser. Il passa en coup de vent à la chaumière de ses parents pour prendre au moins un bâton et surtout sa carapace de tortue qui lui servait de jouet à toute épreuve depuis ses un an..

-Comme celle que nous avons trouvée en creusant au jardin de Papi ?

-Oui, mais plus grande, il pouvait s’en servir de nacelle.

En rabattant avec force la porte, il s’aperçut qu’une écorce d’arbre

gribouillée était plantée dessus. Il s’arrêta, juste le temps de la décrocher et se dit que c’était peut-être ses parents qui lui avaient laissé un message.

À grandes enjambées, il s’éloigna de plus en plus du couvert des arbres, serrant sa carapace de tortue, réfléchissant intensément dans sa course.

Il arriva en bordure de la forêt : un pays inconnu s’étendait devant lui. Il s’arrêta, ébloui, convaincu d’avoir compris ce qui le poussait à partir : »Ton double existe, il a grandi, lui, c’est ton jumeau. Va et tu le reconnaîtras. »

Devant lui, une terre noire et souple où il enfonce ses pas. C’est doux , c’est agréable .Mais bientôt la terre s’ouvre et va l’enfouir. Il résiste, s’appuie sur son bâton, cela ne suffit pas .La terre arrive à sa gorge, il va s’étouffer. C’est le lutin des ténèbres qui l’attire dans cette noirceur.

Une patte blanche terminée par un sabot recouvert de cuir apparaît sous son nez »Bêe, bêe,sers-toi donc de ta carapace nigaud ! »Sylvestre n’a que le temps de s’y blottir   et le voilà propulsé au-dehors sain et sauf.

Tiré hors du puits tout noir, il aperçoit son sauveur :une biquette blanche à la barbiche tremblotante qui rit, ma foi, elle rit !

-Ouf, il est sauvé, alors ?

-Mais ce n’est pas fini, écoute la suite.

Tandis qu’il s’avance sur ce sol plat et désolé ses pieds s’enfoncent dans une matière chaude et des petits grains le chatouillent. Du  sable?oui, et voilà la mer qu’il n’a jamais vue auparavant. 

Elle scintille, des vaguelettes puis quelques vagues ont vite fait de le nettoyer et de lui rendre sa peau blanche. Il roule dans l’eau , se souvenant des nettoyages que ses parents lui assuraient dans la source d’eau chaude qui bouillonne dans la clairière. Comme c’est loin !

-Celle-là ?Cette source ?

-Mais oui, celle qui a l’odeur de soufre et qui fait tant de bien à la peau.

-Et après ?

-Tandis qu’il savoure cette eau chaude et salée, une bête immonde commence à l’enserrer dans ses bras.

-Une pieuvre ?

-Si tu veux, mais celle-là elle tient dans l’ouverture d’une bouche affreuse, sous des yeux globuleux un rouleau métallique qui hypnotise Sylvestre.

« Me voilà fort, j’ai vaincu la nuit sous terre, il faut maintenant que j’arrache ce rouleau. » Sylvestre tire, tire,  mais la bête résiste. Au moment où il allait abandonner et se laisser noyer, voilà qu’une patte terminée par un sabot de cuir apparaît sous son nez : »Bêe,  bêe, sers-toi donc de ta carapace, grand nigaud ! »Vite, Sylvestre saute, bien que de plus en plus difficilement, dans la carapace, et le voilà sur la plage.La biquette blanche rit, ma foi, elle rit en lui tendant le rouleau métallique.

Sylvestre tire du rouleau un parchemin gribouillé mais où, au souvenir de l’écorce d’arbre déclouée de la porte de la chaumière de ses parents, il traduit que trois secrets vont lui permettre de poursuivre la quête de son grandissement et du double qu’il croit avoir comme jumeau. Il dépasse les dunes .

Souple, agile, grandissant à vue d’œil, Sylvestre , maintenant, s’élance vers son lieu d’arrivée. Il marche sur une route goudronnée. Des voitures le dépassent, vrombissantes. Il n’en a cure. Soutenu par son espoir il avance, lève son bâton, assure la carapace de tortue autour de sa taille. Même pas étonné qu’un poids lourd s’arrête.  Il ouvre la porte de la cabine et s’entend demander : vous pouvez m’emmener  à la ville ? Mais oui, mon gars, pas de problème. Ta princesse t’attend ?

Lorsque les immeubles des grands ensembles apparaissent, Sylvestre a eu le temps de prendre un sommeil réparateur,  nécessaire à sa croissance.

Le camionneur le laisse au pied d’une tour éclairée comme un soir de Noël.

Avec assurance, il contrôle sa « feuille de route », l’écorce de bouleau aux signes cabalistiques ; 319 B, il appuie sur le code, la lourde porte s’ouvre. Il prend l’ascenseur : 3me étage, 4me porte à droite.Il s’avance dans le couloir. Il appuie sur la sonnette sous laquelle s’écrit en lettres d’or décorées de mille fleurs :Mademoiselle Princesse.

La porte s’ouvre :

-Et alors ?

-Sylvestre embrasse tendrement son double fille, aussi noire qu’il est blanc, il la dépasse juste de quelques centimètres…

Dans un coin de la pièce, une biquette en peluche blanche aux sabots recouverts de cuir, à la barbiche tremblotante leur sourit .

-C’est F.I.N.I ?-La carapace de tortue retournée leur servira de table pour leur réveillon de ce trente et un Décembre et un peu plus tard elle recevra le bébé café au lait …

(Suzanne)

 

 

 

 

 

 

Par atelier d'écriture clec toulouse
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